51500 Ludes - Bourse Militaria de Ludes - Salle des Fêtes Route de Puisieulx - 8h00 à 15h00 - Moins de 50 exposants.
51200 Épernay - Brocante de la Chaude Ruelle - Rue Chaude Ruelle - A partie de 6h00 - 200 à 300 exposants.
51800 Sainte-Ménehould - Foire de la Saint Martin - 200 à 300 exposants.
51100 Reims - Marché aux livres Halles du Boulingrin / Animations et cérémonies du 11 novembre - 8h30 à 18h00 - 50 à 100 exposants
De 8 h 30 à 18 h › marché aux livres sur la thématique de 14 - 18, en présence de Gisèle Bienne et Philippe Buton
À l’intérieur des halles du Boulingrin
De 9 h 30 à 18 h › bureau philatélique du centenaire - La Poste Présence du club philatélique - édition et vente de cartes postales et d’enveloppes dessinées par Roland Irolla
À l’intérieur des halles du Boulingrin
De 9 h 30 à 18 h › exposition éphémère « les Postes dans la Grande Guerre »
De 9 h 30 à 19 h › exposition de véhicules de collection (Renault EK de 1914, Le Zèbre de 1909, taxi de la Marne de 1913 et bicyclette « Griffon » de 1916 du musée automobile Reims-Champagne ainsi que des véhicules de la collection privée de Philippe Pierrejean (Ford T ambulance de 1917 et voiture d’état-major Renault Torpédo de 1916) en présence de figurants costumés. Présence du chariot hippomobile modèle 1896 servant au transport des vivres et des bagages, proposé par les musées historiques de Reims.
Reconstitution historique sous forme de petites scènes de rue avec une cinquantaine de figurants en costumes d’époque de l’association Voix et Lumière de Jehanne.
Autour des halles du Boulingrin
12 h › soupe du Poilu. Proposée dans la cuisine roulante de l’association Le Miroir, réalisée par la Caisse des Écoles de la ville de Reims et servie par des figurants costumés en poilus
Rue du Temple
À 14 h - 15 h - 16 h et 17 h › spectacle de chansons « Nénette et Rintintin », pour le devoir de mémoire (durée : 30 min)
À l’intérieur des halles du Boulingrin
De 14 h à 18 h › exposition sur le thème de la Grande Guerre (jusqu'au 25 février 2019)
Le Cellier - espace Giuseppe Nivola
Affichage des articles dont le libellé est Centenaire 14-18. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Centenaire 14-18. Afficher tous les articles
samedi 10 novembre 2018
jeudi 8 novembre 2018
Vassimont et Chapelaine - Centenaire de l'Armistice - 10 & 11 novembre 2018
Commémoration du centenaire de l'armistice de 1918 !
La mairie et l’association de l'amicale du bien-être et du fleurissement de Vassimont et Chapelaine organise dans le cadre du centenaire de l’armistice de la 1ère guerre mondiale une exposition en collaboration avec le Centre d'Interprétation « Marne 14-18 » de Suippes et l'association Mondement 1914.
Commémoration :
Exposition :
https://www.facebook.com/events/246043182742209/
Les bleuets de France effectuerons une quête
durant les deux jours de l'expo !
Les bleuets de France effectuerons une quête
durant les deux jours de l'expo !
8,9 et 10 Septembre 1914
C'était il y a 104 ans ! Le village fut incendié et bombardé par les allemands et les Français !
CHATEAU DE CHAPELAINE.
Brûlé par des bombes incendiaires le 7 septembre, il tomba, le 8, entre les mains des Allemands !
Depuis 2014, se déroule le cycle des commémorations nationales et internationales du centenaire de la Première Guerre mondiale. L'année 2018 offre l'occasion de commémorer les événements qui marquèrent les derniers mois de la guerre et le retour à la paix.
La commémoration de l'Armistice du 11 novembre 1918 en sera le point d'orgue !
* * *
Tout près de Vassimont, s'étend le domaine de Chapelaine. Le vaste château dont il dépend était habité par une famille châlonnaise, Mme Boudard et son fils.
Du château et des fermes on n'aperçoit plus que des murs pantelants qui se dressent sinistres parmi les sapins.
M. Boudard, garde-voie dans les environs, a pu voir la lueur de l'incendie qui détruisait tout ensemble son domaine et la commune dont il était maire.
mercredi 10 janvier 2018
"Le docteur Langlet", par Hervé PAUL - Hôtel de Ville Reims 26 janvier 2018 - 19h
Dans le cadre des commémorations du centenaire de la Grande Guerre, la Ville de Reims organise un cycle de conférences historiques.
Membre d'Amicarte51, Hervé PAUL vous propose une conférence le 26 janvier 2018 à 19h, au Grand Salon Mars à l'Hôtel de Ville de Reims :
Entrée Libre.
26 janvier 2018 à 19h.
Grand Salon Mars - Hôtel de Ville, Place de l'HDV 51100 Reims
Membre d'Amicarte51, Hervé PAUL vous propose une conférence le 26 janvier 2018 à 19h, au Grand Salon Mars à l'Hôtel de Ville de Reims :
"Le docteur Langlet"
Entrée Libre.
26 janvier 2018 à 19h.
Grand Salon Mars - Hôtel de Ville, Place de l'HDV 51100 Reims
jeudi 30 juin 2016
Correspondance 14-18 – Fond de tiroir
Nantes 02/09/69
Très chers tous,
Je viens vous remercier petits et grands de vos belles cartes que vous avez eu la bonté de m’envoyer des diverses contrée où vous êtes passés. J’ai reçu la dernière ce matin de Maryvonne d’Angleterre.
Merci à tous, mais pas à Mémé qui avait promis de m’écrire et qui depuis deux semaines demain, n’a pas donné signe de vie.
Faut pas désespérer, je la verrais sans doute un de ces jours.
La carte que je vous envoie est un fond de tiroir restant de 14-18… J’en ai d’autres.
Bonnes bises à tous,
Mila
Une fois n’est pas coutume dans cette série d’articles, ce n’est pas une carte écrite pendant la guerre, même si le visuel pouvait laisser penser le contraire. Ce courrier a été envoyé en septembre 1969 par une personne qui semble apprécier énormément l’échange de courrier et de cartes postales. On imagine très bien une jeune collectionneuse. Le texte est sans grand intérêt, même s’il est un peu amusant, et la dernière phrase nous renseigne, cette carte est un fond de tiroir datant de la première guerre mondiale !
Le visuel nous ramène en 1915, à Reims, pendant le conflit, 54 années avant l’expédition de cette carte. Ce cliché Lavergne, édité par L.L. nous laisse encore une fois découvrir le martyr de la ville de Reims. La photo est prise rue de l’Université, à l’angle de la rue des Cordeliers et du Cardinal de Lorraine… Un angle de rue qui n’existe plus aujourd’hui, depuis le percement après-guerre, de la rue Voltaire croisant le Cours Anatole France.
Ci-dessous, une carte postale datant de 1903. Le cliché est pris dans le même axe que celui de la carte postale ci-dessus. Les guerre n’a pas encore apporté son funeste tribut. Sur la gauche le Lycée de Jeunes Filles.
Très chers tous,
Je viens vous remercier petits et grands de vos belles cartes que vous avez eu la bonté de m’envoyer des diverses contrée où vous êtes passés. J’ai reçu la dernière ce matin de Maryvonne d’Angleterre.
Merci à tous, mais pas à Mémé qui avait promis de m’écrire et qui depuis deux semaines demain, n’a pas donné signe de vie.
Faut pas désespérer, je la verrais sans doute un de ces jours.
La carte que je vous envoie est un fond de tiroir restant de 14-18… J’en ai d’autres.
Bonnes bises à tous,
Mila
Une fois n’est pas coutume dans cette série d’articles, ce n’est pas une carte écrite pendant la guerre, même si le visuel pouvait laisser penser le contraire. Ce courrier a été envoyé en septembre 1969 par une personne qui semble apprécier énormément l’échange de courrier et de cartes postales. On imagine très bien une jeune collectionneuse. Le texte est sans grand intérêt, même s’il est un peu amusant, et la dernière phrase nous renseigne, cette carte est un fond de tiroir datant de la première guerre mondiale !
Le visuel nous ramène en 1915, à Reims, pendant le conflit, 54 années avant l’expédition de cette carte. Ce cliché Lavergne, édité par L.L. nous laisse encore une fois découvrir le martyr de la ville de Reims. La photo est prise rue de l’Université, à l’angle de la rue des Cordeliers et du Cardinal de Lorraine… Un angle de rue qui n’existe plus aujourd’hui, depuis le percement après-guerre, de la rue Voltaire croisant le Cours Anatole France.
Ci-dessous, une carte postale datant de 1903. Le cliché est pris dans le même axe que celui de la carte postale ci-dessus. Les guerre n’a pas encore apporté son funeste tribut. Sur la gauche le Lycée de Jeunes Filles.
jeudi 9 juin 2016
Correspondance 14-18 – "ça vaudra mieux que du côté de Verdun"
Cohan, le 6 juillet 1916 ...
Cher Cousine et Cousin
Je vous envoie de mes nouvelles pour vous dire que je suis en bonne santé, j’espère que vous soyez tous de même.
Nous avons quitté le secteur de Verdun voilà trois semaines. Depuis ce temps-là, nous avons voyagé d’un côté et de l’autre, on était dans le département de la Marne.
Aujourd’hui, on est parti de Fismes à 5h et nous avons changé de département, à présent, on est dans l’Aisne. Je crois que l’on va monter aux tranchées dans 2 ou 3 jours. Espérons que ça vaudra mieux que du côté de Verdun, d’après les journaux, il n’y fait pas bon à présent. Je termine en vous embrassant affectueusement.
Ch. Albert.
Il semble que M. Albert ait raison… il ne faisait pas bon être à Verdun en cette période, une des plus longues et des plus dévastatrices batailles de la Première Guerre. Mais il s’attend à monter au front d’un jour à l’autre… on peut imaginer que le sort qui l’attend n’est pas forcément meilleur. On aurait été plus rassuré de leur voir rentrer chez lui ! Mine de rien, ces dernières trois semaines, en fonction des routes empruntées, il aura fait entre 150 et 200 km à pied… une paille !
Alors… vers quel front se dirige-t-il ? Il y a fort à parier qu’il s’agisse de celui de la Somme… en effet, l’offensive de la Somme, mise au point par Joffre fin 1915, connue sa première journée 5 jours avant ce courrier, donc le 1er juillet 1916 ! Ce fut une des batailles les plus meurtrières de l’histoire, faisant plus d’un millions de victimes de part et d’autre (dont plus de 440 000 morts ou disparus).
On se prend alors à croiser les doigts pour l’expéditeur de cette carte !
Hélas, on a trop peu d’informations sur cette carte pour consulter la Base Mémoire… sur laquelle il existe de nombreux Ch. Albert… dont deux pourraient correspondre, un originaire de Paris, et l’autre de Charente-Maritime… mais on espère bien sûr qu’il ait pu réchapper aux combats !
On arrête donc ici notre petite enquête, pour nous intéresser au visuel de la carte… qui bien sûr n’est pas très original, même s’il est très représentatif du passage de notre soldat à Reims, une carte de l’éditeur J. Courcier, représentant la Cathédrale de Reims… dans toute sa splendeur, et pour cause, puisqu’il s’agit d’une photo prise bien avant la guerre, sans aucun échafaudage, et sans les destructions causées par nos turbulents voisins !
Cher Cousine et Cousin
Je vous envoie de mes nouvelles pour vous dire que je suis en bonne santé, j’espère que vous soyez tous de même.
Nous avons quitté le secteur de Verdun voilà trois semaines. Depuis ce temps-là, nous avons voyagé d’un côté et de l’autre, on était dans le département de la Marne.
Aujourd’hui, on est parti de Fismes à 5h et nous avons changé de département, à présent, on est dans l’Aisne. Je crois que l’on va monter aux tranchées dans 2 ou 3 jours. Espérons que ça vaudra mieux que du côté de Verdun, d’après les journaux, il n’y fait pas bon à présent. Je termine en vous embrassant affectueusement.
Ch. Albert.
Il semble que M. Albert ait raison… il ne faisait pas bon être à Verdun en cette période, une des plus longues et des plus dévastatrices batailles de la Première Guerre. Mais il s’attend à monter au front d’un jour à l’autre… on peut imaginer que le sort qui l’attend n’est pas forcément meilleur. On aurait été plus rassuré de leur voir rentrer chez lui ! Mine de rien, ces dernières trois semaines, en fonction des routes empruntées, il aura fait entre 150 et 200 km à pied… une paille !
Alors… vers quel front se dirige-t-il ? Il y a fort à parier qu’il s’agisse de celui de la Somme… en effet, l’offensive de la Somme, mise au point par Joffre fin 1915, connue sa première journée 5 jours avant ce courrier, donc le 1er juillet 1916 ! Ce fut une des batailles les plus meurtrières de l’histoire, faisant plus d’un millions de victimes de part et d’autre (dont plus de 440 000 morts ou disparus).
On se prend alors à croiser les doigts pour l’expéditeur de cette carte !
Hélas, on a trop peu d’informations sur cette carte pour consulter la Base Mémoire… sur laquelle il existe de nombreux Ch. Albert… dont deux pourraient correspondre, un originaire de Paris, et l’autre de Charente-Maritime… mais on espère bien sûr qu’il ait pu réchapper aux combats !
On arrête donc ici notre petite enquête, pour nous intéresser au visuel de la carte… qui bien sûr n’est pas très original, même s’il est très représentatif du passage de notre soldat à Reims, une carte de l’éditeur J. Courcier, représentant la Cathédrale de Reims… dans toute sa splendeur, et pour cause, puisqu’il s’agit d’une photo prise bien avant la guerre, sans aucun échafaudage, et sans les destructions causées par nos turbulents voisins !
mercredi 9 décembre 2015
Correspondance 14-18 – "C’est toujours de meilleur goût"
21 mars 1916
Chère
Pauline
Rien de
nouveau, pour ce soir, nous coucherons ici, je suis à Villers-Allerand, pas de
mauvais sang et Bonne santé.
Ce matin, je
t’ai envoyé une jolie carte, je crois que tu seras contente. Je fais ce que je
peux pour t’être agréable. Je te dirais bien de m’envoyer un colis, il y a si
longtemps que je n’ai rien reçu de toi, maintenant, ce sera plus difficile à
trouver pour manger, pourvu que ça vienne de toi n’importe quoi, je le
trouverai supérieur à tout ce que je peux trouver… c’est toujours de meilleur
goût. J’ai peut-être quelques frais de plus à faire maintenant, tu m’enverras
un peu d’argent.
Aujourd’hui
ni hier, je n’ai pas reçu de tes nouvelles mais je ne m’en fais pas car le
déplacement peut avoir dérangé la poste, pourvu que toi tu reçoives c’est l’essentiel.
Il pourrait y avoir du retard aussi, ça va bien, je compte que ma carte te
trouve de même ainsi que les enfants.
Mille
baisers (Truchet Romain ?)
Au moins, ce
n’est pas équivoque, la tambouille n’est pas bonne… Pauline pourra envoyer n’importe
quoi, ce sera toujours meilleur que l’ordinaire des poilus !!! Sans parler
que recevoir un colis sur le front, ça doit toujours faire extrêmement plaisir.
On peut
noter, et c’est admirable de sa part, qu’il essaye de faire plaisir à son
épouse, et de lui être agréable – en lui envoyant une jolie carte – alors qu’il
se trouve certainement dans des conditions plutôt difficiles, au cœur des
combats.
Il est vrai
qu’il a choisi pour cet envoi, une carte plutôt originale qui, pour une fois,
ne montre pas l’horreur des destructions de la région, mais au contraire une
vision positive et optimiste, de ces Marchands
des Halles, restés héroïquement à leur poste sous le ravitaillement de la
population. Hélas, il n’en demeure pas moins que la situation est toujours
aussi dangereuse et risquée, et que les bombardements sur Reims sont toujours
nombreux.
Ci-dessous,
quelques cartes postales de Villers-Allerand…
mardi 17 novembre 2015
Correspondance 14-18 – "...ils ont encore arrosé St-Anne et le bord du canal"
26 mai 1915
Mon cher Emile,
Un de nos officiers part en permission pour 7 jours, le veinard ! Je lui confie ma lettre.
Tu as dû voir sur une circulaire de secteur que Guillemont et Fallon étaient officiers d’administration dans les hôpitaux de Bar-le-Duc et Dunkerque. Chody est en congé de 7 jours avant de partir au dépôt. Maintenant que l’Italie est avec nous, cela va marcher, les boches semblent économiser leurs munitions, néanmoins, cette nuit, ils ont encore arrosé St-Anne et le bord du canal.
Je rappelle les infirmières en congé, les divisions de réserve de Reims vont être remplacées, est-ce l’avance prochaine ?
J’apprends d’autre part que l’on se dispose à distribuer l’eau de la ville aux tranchées… Incertitude.
Attendons, mais la décision semble pour juin.
Ne te fais pas de bile, les hommes ne manquent pas et tu seras maintenu comme tu es sans doute.
Meilleurs baisers à Suzon, dont je souhaite le prompt rétablissement, ainsi que à Augustine.
Je t’aime de tout mon cœur.
Georges.
Pas forcément facile de tout comprendre, mais il y a fort à parier que Georges écrive à son frère, qui à priori, n’a pas dû être encore mobilisé, puisqu’il fait allusion au fait qu’on ne manque pas d’hommes, et qu’Emile pourrait rester là où il est.
Vraisemblablement, Georges est gradé dans un corps médical… puisqu’il s’occupe de rappeler les infirmières.
Nous sommes dans l’actualité. Georges est plutôt optimiste, en effet, l’Italie, quelques jours avant ce courrier, le 3 mai 1915, rejoint la Triple Entente (France, Russie, Royaume-Uni) après sa neutralité adoptée au début de la guerre (avant-guerre, l’Italie faisait partie de la Triple Alliance aux côtés de l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie). Mais bon, nous le savons aujourd’hui, pas de quoi faire se terminer rapidement le conflit.
Nuit de bombardement à Reims, plus précisément sur le quartier St-Anne et le bord du canal… voilà ce qu’on peut lire sur le Matot-Braine :
26 mai 1915 – Reims – Plusieurs obus : rue Clovis, sur le canal et ses abords.
Ce qui corrobore les dires de Georges.
Terminons par le visuel de la carte, il s’agit du Temple protestant situé au 13 du boulevard Lundy, bombardé dès le début du conflit, le 19 septembre 1914. Comme on peut le constater, il ne reste plus que la façade debout, et les cheminées… la toiture est partie en fumée !
Il n’était pas si vieux, 47 ans ! (construit en 1867)
Ci-dessous, le Temple protestant du boulevard Lundy, avant guerre.
Mon cher Emile,
Un de nos officiers part en permission pour 7 jours, le veinard ! Je lui confie ma lettre.
Tu as dû voir sur une circulaire de secteur que Guillemont et Fallon étaient officiers d’administration dans les hôpitaux de Bar-le-Duc et Dunkerque. Chody est en congé de 7 jours avant de partir au dépôt. Maintenant que l’Italie est avec nous, cela va marcher, les boches semblent économiser leurs munitions, néanmoins, cette nuit, ils ont encore arrosé St-Anne et le bord du canal.
Je rappelle les infirmières en congé, les divisions de réserve de Reims vont être remplacées, est-ce l’avance prochaine ?
J’apprends d’autre part que l’on se dispose à distribuer l’eau de la ville aux tranchées… Incertitude.
Attendons, mais la décision semble pour juin.
Ne te fais pas de bile, les hommes ne manquent pas et tu seras maintenu comme tu es sans doute.
Meilleurs baisers à Suzon, dont je souhaite le prompt rétablissement, ainsi que à Augustine.
Je t’aime de tout mon cœur.
Georges.
Pas forcément facile de tout comprendre, mais il y a fort à parier que Georges écrive à son frère, qui à priori, n’a pas dû être encore mobilisé, puisqu’il fait allusion au fait qu’on ne manque pas d’hommes, et qu’Emile pourrait rester là où il est.
Vraisemblablement, Georges est gradé dans un corps médical… puisqu’il s’occupe de rappeler les infirmières.
Nous sommes dans l’actualité. Georges est plutôt optimiste, en effet, l’Italie, quelques jours avant ce courrier, le 3 mai 1915, rejoint la Triple Entente (France, Russie, Royaume-Uni) après sa neutralité adoptée au début de la guerre (avant-guerre, l’Italie faisait partie de la Triple Alliance aux côtés de l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie). Mais bon, nous le savons aujourd’hui, pas de quoi faire se terminer rapidement le conflit.
Nuit de bombardement à Reims, plus précisément sur le quartier St-Anne et le bord du canal… voilà ce qu’on peut lire sur le Matot-Braine :
26 mai 1915 – Reims – Plusieurs obus : rue Clovis, sur le canal et ses abords.
Ce qui corrobore les dires de Georges.
Terminons par le visuel de la carte, il s’agit du Temple protestant situé au 13 du boulevard Lundy, bombardé dès le début du conflit, le 19 septembre 1914. Comme on peut le constater, il ne reste plus que la façade debout, et les cheminées… la toiture est partie en fumée !
Il n’était pas si vieux, 47 ans ! (construit en 1867)
Ci-dessous, le Temple protestant du boulevard Lundy, avant guerre.
mercredi 4 novembre 2015
Correspondance 14-18 – "à l’appel, il en manquait la moitié"
27 mars 1915
Bien chers parents, notre transport d’hier a été favorisé par un clair de lune qui remplace utilement nos phares.
Tout s’est bien passé, mais vous ne pouvez pas vous imaginer les difficultés que l’on a pour faire partir les réfugiés.
Ainsi hier nous devions prendre dans un village 126 personnes et, à l’appel, il en manquait la moitié.
Le Commissaire de Reims va modifier son service d’ordre car tous les réfugiés signalés comme nécessiteux doivent quitter la ville.
La vrai raison, c’est que l’on craint que quelques-uns d’entre eux se livrent à l’espionnage.
Cet après-midi, je dois emmener un transport de troupes de Braine près Soissons.
Vous le voyez, on ne chôme pas mais notre besogne est facilitée par un temps superbe.
Cette nuit, nous n’aurons pas de mouvement.
Ce soir, nous cantonnons à Muizon.
Nous reprendrons notre service à Reims demain soir.
Sur cette carte et à gauche vous verrez une succursale de Bauche épargnée par les obus.
Je vais toujours bien, votre fils dévoué.
René.
Cette fois-ci, nous avons beaucoup d’intérêt à lire ce courrier, qui nous en apprend un peu plus sur l’évacuation des réfugiés. Je n’ai pas réussi à trouver quel était le village dont René parle, où seulement la moitié de la population concernée avait répondu à l’appel. Alors, était-ce dû à des problèmes de communication, ou tout simplement que certains n’avaient pas envie de quitter leur village ? Pourtant, il s’agissait de nécessiteux. Certains de ceux qui restent se livraient-ils effectivement à des activités d’espionnage ?
En tout cas, René ne s’ennuie pas et semble enchaîner les allers retours, de nuit… aujourd’hui vers Braine, et retour à Muizon.
Quant au visuel de la carte, René semble avoir un intérêt tout particulier (ou le destinataire de cette carte) pour la succursale des coffres-forts Bauche… qui effectivement, aussi incroyable que cela puisse paraître, est encore debout alors qu’il ne reste plus rien de sa voisine.
En regardant d’un peu plus près la carte ci-dessous, on voit que cette maison complètement détruite est la boutique de La Compagnie Singer. On peut aussi se rendre compte qu’il s’agit d’une construction beaucoup plus ancienne, peut-être en carreaux de terre, ce qui expliquerait en partie, ce tas de décombres impressionnant. Cette seconde carte est datée de 1910, peut-être est-elle un peu plus ancienne, mais toujours est-il que la succursale Bauche n’est pas encore installée rue de Vesle.
Laurent ANTOINE LeMog
Bien chers parents, notre transport d’hier a été favorisé par un clair de lune qui remplace utilement nos phares.
Tout s’est bien passé, mais vous ne pouvez pas vous imaginer les difficultés que l’on a pour faire partir les réfugiés.
Ainsi hier nous devions prendre dans un village 126 personnes et, à l’appel, il en manquait la moitié.
Le Commissaire de Reims va modifier son service d’ordre car tous les réfugiés signalés comme nécessiteux doivent quitter la ville.
La vrai raison, c’est que l’on craint que quelques-uns d’entre eux se livrent à l’espionnage.
Cet après-midi, je dois emmener un transport de troupes de Braine près Soissons.
Vous le voyez, on ne chôme pas mais notre besogne est facilitée par un temps superbe.
Cette nuit, nous n’aurons pas de mouvement.
Ce soir, nous cantonnons à Muizon.
Nous reprendrons notre service à Reims demain soir.
Sur cette carte et à gauche vous verrez une succursale de Bauche épargnée par les obus.
Je vais toujours bien, votre fils dévoué.
René.
Cette fois-ci, nous avons beaucoup d’intérêt à lire ce courrier, qui nous en apprend un peu plus sur l’évacuation des réfugiés. Je n’ai pas réussi à trouver quel était le village dont René parle, où seulement la moitié de la population concernée avait répondu à l’appel. Alors, était-ce dû à des problèmes de communication, ou tout simplement que certains n’avaient pas envie de quitter leur village ? Pourtant, il s’agissait de nécessiteux. Certains de ceux qui restent se livraient-ils effectivement à des activités d’espionnage ?
En tout cas, René ne s’ennuie pas et semble enchaîner les allers retours, de nuit… aujourd’hui vers Braine, et retour à Muizon.
Quant au visuel de la carte, René semble avoir un intérêt tout particulier (ou le destinataire de cette carte) pour la succursale des coffres-forts Bauche… qui effectivement, aussi incroyable que cela puisse paraître, est encore debout alors qu’il ne reste plus rien de sa voisine.
En regardant d’un peu plus près la carte ci-dessous, on voit que cette maison complètement détruite est la boutique de La Compagnie Singer. On peut aussi se rendre compte qu’il s’agit d’une construction beaucoup plus ancienne, peut-être en carreaux de terre, ce qui expliquerait en partie, ce tas de décombres impressionnant. Cette seconde carte est datée de 1910, peut-être est-elle un peu plus ancienne, mais toujours est-il que la succursale Bauche n’est pas encore installée rue de Vesle.
Laurent ANTOINE LeMog
jeudi 29 octobre 2015
Photo-mystère rémoise... pendant la première guerre.
Le 28 septembre dernier, nous avions posté sur la page Facebook d'Amicarte51 une photo mystère de REIMS pendant la première guerre. Sur cette photo, une maison en partie détruite après avoir reçu un obus de très gros calibre. Hélas, pas de légende, et à la seule vue de ce trou, il était un peu difficile de situer cette maison, surtout si depuis, comme il est probable, cette maison ait été complètement rasée, et reconstruite après guerre, dans un état forcément un peu, ou beaucoup, différent.
Voilà ci-dessous cette Carte-Photo :
Ce ne sont ni les étais, ni les quelques morceaux de murs encore "debouts", qui nous serons d'une quelconque aide... il fallait donc trouver d'autres photos cadrées un peu plus larges si possible, ou légendées. Encore une fois, c'est la carte postale qui nous est venue en aide. Heureusement, la guerre a été gourmande en cartes postales, et ce sont des milliers de clichés différents qui ont été fait de ces destructions, pendant toute la durée de la guerre... et après.
Il en existe certainement plus, mais j'ai pu retrouver deux autres cartes postales. Celle ci-dessous, est un cliché Léon Doucet, édité par Jules Matot, légendée Campagne de 1914- Bombardement de Reims. On constate donc que cet obus à perforé la maison, dès les premiers combats et bombardements. Prise avec un autre angle, on découvre le trous béant, et le peu qui reste de l'intérieur.
Encore une autre carte postale, une vue similaire mais encore plus large, de l'éditeur ELD. Encore une fois, la légende ne nous apprend rien... 1914... REIMS - Dégâts causés par un seul obus de pièce lourde (on en doute pas le moins du monde).
Par chance, cette photo cadrée un peu plus large nous permet de voir un peu le proche environnement, la maison de droite fait penser à une maison du centre ville... ça permet de resserrer un peu les recherches, même si le secteur est quand même assez vaste.
Mais finalement, les recherches ont été couronnées de succès... et j'ai enfin pu situer cette rue. Cette maison détruite se trouve au 5 de la Rue de Charleville !
Pièce supplémentaire dans le cadre de ces recherches, la rue a changé de nom en 1949, c'est aujourd'hui la Rue du Docteur Pozzi, entre la Rue Albert Réville et la Rue du Temple, non loin des Halles et du Boulingrin.
Ci-dessous, un montage photo entre cette carte et une vue actuelle. Au n°3 de la Rue du Dr Pozzi, à l'emplacement du mur "Défense d'afficher", une maison a été construite.
Une maison en pierres meulières a remplacée celle détruite au n°5.
Voilà ci-dessous cette Carte-Photo :
Ce ne sont ni les étais, ni les quelques morceaux de murs encore "debouts", qui nous serons d'une quelconque aide... il fallait donc trouver d'autres photos cadrées un peu plus larges si possible, ou légendées. Encore une fois, c'est la carte postale qui nous est venue en aide. Heureusement, la guerre a été gourmande en cartes postales, et ce sont des milliers de clichés différents qui ont été fait de ces destructions, pendant toute la durée de la guerre... et après.
Il en existe certainement plus, mais j'ai pu retrouver deux autres cartes postales. Celle ci-dessous, est un cliché Léon Doucet, édité par Jules Matot, légendée Campagne de 1914- Bombardement de Reims. On constate donc que cet obus à perforé la maison, dès les premiers combats et bombardements. Prise avec un autre angle, on découvre le trous béant, et le peu qui reste de l'intérieur.
Encore une autre carte postale, une vue similaire mais encore plus large, de l'éditeur ELD. Encore une fois, la légende ne nous apprend rien... 1914... REIMS - Dégâts causés par un seul obus de pièce lourde (on en doute pas le moins du monde).
Par chance, cette photo cadrée un peu plus large nous permet de voir un peu le proche environnement, la maison de droite fait penser à une maison du centre ville... ça permet de resserrer un peu les recherches, même si le secteur est quand même assez vaste.
Mais finalement, les recherches ont été couronnées de succès... et j'ai enfin pu situer cette rue. Cette maison détruite se trouve au 5 de la Rue de Charleville !
Pièce supplémentaire dans le cadre de ces recherches, la rue a changé de nom en 1949, c'est aujourd'hui la Rue du Docteur Pozzi, entre la Rue Albert Réville et la Rue du Temple, non loin des Halles et du Boulingrin.
Ci-dessous, un montage photo entre cette carte et une vue actuelle. Au n°3 de la Rue du Dr Pozzi, à l'emplacement du mur "Défense d'afficher", une maison a été construite.
Une maison en pierres meulières a remplacée celle détruite au n°5.
jeudi 22 octobre 2015
Correspondance 14-18 – Fôte de mieux
Quelques mots avant de découvrir la correspondance d’aujourd’hui. Si j’ai sélectionné cette carte, ce n’est ni pour son contenu martial, ni pour son intérêt en tant que témoignage de ces temps troublés.
Nous en avons déjà eu l’exemple, certains de nos poilus ont quelques difficultés avec l’orthographe et la grammaire, et la carte que je vous propose semble en être l’apogée. A tel point, qu’on peut se demander si ce n’est pas fait exprès, car l’auteur paraît prendre un malin-plaisir à écorner chaque mot de sa lettre… entre la difficulté de déchiffrer l’écriture, et celle de saisir le sens des phrases, la reproduction de cette correspondance n’est pas des plus facile… mais en avant… et bon courage !
19 janvier 1915
Jérsue votre bébéte du 13 janvié, qimafépésire du troie ans séte janvié é gerie 5 garte.
Jérsue le mandae qimaféplisire.
Jesuie enpone santée. Il pleue touslesjoure dans lepatlin.
Ponjour a doute la famiye.
Louis Bernier.
Voilà… je vous l’avais promis, c’est très fort ! A peine phonétique… on peut quand même s'essayer à un semblant de déchiffrage :
J'ai reçu votre "bébéte" du 13 janvier, qui m'a fait plaisir, trois ans, sept janvier, et j'ai ri. 5 cartes.
J'ai reçu le manda qui m'a fait plaisir.
Je suis en bonne santé. Il pleut tous les jours dans le patelin.
Bonjour à toute la famille.
Faute d'en apprendre un peu sur l'actualité guerrière rémoise en ce début d'année 1915, passons maintenant au recto de la carte postale, qui devrait nous apporter un peu plus de grain à moudre.
La photo originale ayant servi à l’impression de cette carte postale provient de l’Agence Meurisse (site Gallica), comme on peut le constater ci-dessous… pas d’erreur possible, l’angle de prise de vue est le même, le chien à gauche est bien présent…
On note sur la photo de l’agence un numéro à droite « 55169 »… au même endroit sur la carte, en observant attentivement, on remarque que ce même numéro a été sommairement camouflé.
Situons maintenant cette photo. Déjà, le quartier Cérès de l’époque s’étendait un peu plus loin qu’aujourd’hui, depuis la Rue Cérès jusqu’au bout de l’Avenue Jean-Jaurès (Rue du Faubourg Cérès et Route Nationale – Cimetière de l’Est), qui ne portait bien sûr pas encore ce nom (baptisée en 1921).
Pour se repérer plus facilement, voilà ci-dessous un montage de la carte postale avec une vue actuelle.
Malgré les destructions de l’époque, la partie gauche de la maison reste facilement identifiable. Elle se trouve au 167 de l’avenue Jean Jaurès, assez haut, dans la partie « Route Nationale », presqu’à l’angle avec la Rue de Sébastopol.
Laurent ANTOINE LeMog
Nous en avons déjà eu l’exemple, certains de nos poilus ont quelques difficultés avec l’orthographe et la grammaire, et la carte que je vous propose semble en être l’apogée. A tel point, qu’on peut se demander si ce n’est pas fait exprès, car l’auteur paraît prendre un malin-plaisir à écorner chaque mot de sa lettre… entre la difficulté de déchiffrer l’écriture, et celle de saisir le sens des phrases, la reproduction de cette correspondance n’est pas des plus facile… mais en avant… et bon courage !
19 janvier 1915
Jérsue votre bébéte du 13 janvié, qimafépésire du troie ans séte janvié é gerie 5 garte.
Jérsue le mandae qimaféplisire.
Jesuie enpone santée. Il pleue touslesjoure dans lepatlin.
Ponjour a doute la famiye.
Louis Bernier.
Voilà… je vous l’avais promis, c’est très fort ! A peine phonétique… on peut quand même s'essayer à un semblant de déchiffrage :
J'ai reçu votre "bébéte" du 13 janvier, qui m'a fait plaisir, trois ans, sept janvier, et j'ai ri. 5 cartes.
J'ai reçu le manda qui m'a fait plaisir.
Je suis en bonne santé. Il pleut tous les jours dans le patelin.
Bonjour à toute la famille.
Faute d'en apprendre un peu sur l'actualité guerrière rémoise en ce début d'année 1915, passons maintenant au recto de la carte postale, qui devrait nous apporter un peu plus de grain à moudre.
Reims. - Dernière barricade du quartier Cérès.
On note sur la photo de l’agence un numéro à droite « 55169 »… au même endroit sur la carte, en observant attentivement, on remarque que ce même numéro a été sommairement camouflé.
Situons maintenant cette photo. Déjà, le quartier Cérès de l’époque s’étendait un peu plus loin qu’aujourd’hui, depuis la Rue Cérès jusqu’au bout de l’Avenue Jean-Jaurès (Rue du Faubourg Cérès et Route Nationale – Cimetière de l’Est), qui ne portait bien sûr pas encore ce nom (baptisée en 1921).
Pour se repérer plus facilement, voilà ci-dessous un montage de la carte postale avec une vue actuelle.
Malgré les destructions de l’époque, la partie gauche de la maison reste facilement identifiable. Elle se trouve au 167 de l’avenue Jean Jaurès, assez haut, dans la partie « Route Nationale », presqu’à l’angle avec la Rue de Sébastopol.
Laurent ANTOINE LeMog
mercredi 14 octobre 2015
Correspondance 14-18 - les boches nous en ont envoyé 2000 !
Reims, le 25 février 1915
Madame Beaudelaire,
Je réponds à votre lettre que nous avons reçue ces derniers jours pour vous dire que la maison ainsi que votre logement sont tels que vous êtes partis et sommes tous en bonne santé, nous souhaitons que notre lettre vous trouve de même.
Dimanche, ainsi que lundi, les boches nous en ont envoyé 2000 ! Ainsi que vous pouvez en juger, quelle peur nous avons eu.
Restez à l’abri puisque vous y êtes et ne revenez que lorsqu’il n’y aura plus de danger.
Georges
Effectivement, dans de telles conditions, il vaut mieux rester à l’abri des marmites boches !
2000 ? cela paraît énorme… mais certainement vrai, un petit retour sur l’actualité d’imposer :
La nuit du 21 au 22 février marquera dans les annales de notre cité et pourra s’appeler la Nuit Terrible. De 9 heures du soir à 2 heures et demi du matin, ce fut une averse ininterrompue d’obus et de bombes incendiaires sur le 4e canton. Nombre de maison ne sont plus que des ruines. Incendie Esplanade Cérès, rue Pluche, rue Saint-Crépin, rue du Grenier-à-Sel, Place des Marchés, derrière les Halles ; impasse Saint-Jacques. Effondrement Place Drouet-d’Erlon, rues Caqué, des Poissonniers, Cérès, Clovis, Andrieux, rues de Vesle, Gambetta, (en face de l’église Saint-Maurice), rues Pasteur et du Carrouge, etc. La librairie Catholique d’Armand Lefèvre, rue du Clou-dans-le-Fer, est aussi incendiée. La cathédrale a également souffert, sa voute intérieure qui avait résisté jusqu’ici, est crevée. On compte une vingtaine de tués parmi la population civile et de nombreux blessés.
Une autre carte postale, que nous avons déjà publié, fait également référence à cette Nuit Terrible : http://amicarte51.blogspot.fr/2014/02/guerre-14-18-refugiee-epernay.html
Des bombardements ont encore lieu dans la journée du 22, deux morts. On note « seulement » quelques obus le 23… et le 24 février, les bombardements reprennent le matin à 10 heures et le soir vers 7 heures. Le 25, jours où cette carte est écrite, on note encore des bombardements meurtriers dans la journée.
Le visuel de la carte, nous offre une vision de temps de paix, avec une photo de la rue Libergier avant-guerre. C’est le calme qui précède la tempête. Cette photo est présentée réduite dans un faux cadre… Editée par ELD, on retrouve cette photo à bord perdu sur une autre carte de l’éditeur, portant également le numéro 91… mais de meilleure qualité, qui laisse à supposer que les « trucages » photographiques tendent à éprouver la finesse de reproduction de ces phototypies.
Madame Beaudelaire,
Je réponds à votre lettre que nous avons reçue ces derniers jours pour vous dire que la maison ainsi que votre logement sont tels que vous êtes partis et sommes tous en bonne santé, nous souhaitons que notre lettre vous trouve de même.
Dimanche, ainsi que lundi, les boches nous en ont envoyé 2000 ! Ainsi que vous pouvez en juger, quelle peur nous avons eu.
Restez à l’abri puisque vous y êtes et ne revenez que lorsqu’il n’y aura plus de danger.
Georges
Effectivement, dans de telles conditions, il vaut mieux rester à l’abri des marmites boches !
2000 ? cela paraît énorme… mais certainement vrai, un petit retour sur l’actualité d’imposer :
La nuit du 21 au 22 février marquera dans les annales de notre cité et pourra s’appeler la Nuit Terrible. De 9 heures du soir à 2 heures et demi du matin, ce fut une averse ininterrompue d’obus et de bombes incendiaires sur le 4e canton. Nombre de maison ne sont plus que des ruines. Incendie Esplanade Cérès, rue Pluche, rue Saint-Crépin, rue du Grenier-à-Sel, Place des Marchés, derrière les Halles ; impasse Saint-Jacques. Effondrement Place Drouet-d’Erlon, rues Caqué, des Poissonniers, Cérès, Clovis, Andrieux, rues de Vesle, Gambetta, (en face de l’église Saint-Maurice), rues Pasteur et du Carrouge, etc. La librairie Catholique d’Armand Lefèvre, rue du Clou-dans-le-Fer, est aussi incendiée. La cathédrale a également souffert, sa voute intérieure qui avait résisté jusqu’ici, est crevée. On compte une vingtaine de tués parmi la population civile et de nombreux blessés.
Une autre carte postale, que nous avons déjà publié, fait également référence à cette Nuit Terrible : http://amicarte51.blogspot.fr/2014/02/guerre-14-18-refugiee-epernay.html
Des bombardements ont encore lieu dans la journée du 22, deux morts. On note « seulement » quelques obus le 23… et le 24 février, les bombardements reprennent le matin à 10 heures et le soir vers 7 heures. Le 25, jours où cette carte est écrite, on note encore des bombardements meurtriers dans la journée.
Le visuel de la carte, nous offre une vision de temps de paix, avec une photo de la rue Libergier avant-guerre. C’est le calme qui précède la tempête. Cette photo est présentée réduite dans un faux cadre… Editée par ELD, on retrouve cette photo à bord perdu sur une autre carte de l’éditeur, portant également le numéro 91… mais de meilleure qualité, qui laisse à supposer que les « trucages » photographiques tendent à éprouver la finesse de reproduction de ces phototypies.
lundi 28 septembre 2015
Correspondance 14-18 - Lycée de Jeunes Filles... ou Ecole professionnelle ménagère ?
Reims, 7 novembre 1914
Monsieur Marius,
J’ai bien reçu votre carte de votre pays, il a l’air gai.
Je vous remercie d’avoir pensé à nous.
Nous sommes plus que jamais bombardés.
Mes amitiés et bons souvenirs de ceux qui pensent à vous.
Marielle
Cette fois-ci, pas grand-chose à se mettre sous la dent, en dehors que les bombardements semblent reprendre de plus belle.
Alors on se penche plus précisément sur l’actualité des jours qui précèdent l’envoie de la carte, et qui nous confirme qu’il ne fait pas bon rester dans la Cité des Sacres… il qu’il pleut des « marmites boches » sur Reims !
Le texte de la carte était plutôt court, finalement bien résumé, mais minimaliste, si on considère la pluie de feu qui s’abat sur la ville.
Passons au visuel… l’entrée de l’Ecole ménagère rue de l’Université à Reims, qui a déjà eu à subir les outrages de la guerre.
Et oui, dans la seconde moitié du XIXè, on considère souvent que le travail des femmes en dehors du logis doit être une exception et que leur place est au foyer, avec pour seule profession pour une femme mariée, d’être à la fois une épouse honorable et une bonne mère de famille. D’ailleurs, c’est le Docteur Octave Doyen (maire de Reims de 1879 à 1884), qui déclare « Il faut préparer les jeunes filles à devenir les compagnes éclairées du chef de famille, les gardiennes économes et laborieuses du foyer domestique ». C’est lors du conseil municipal du 29 décembre 1881 que la ville de Reims envisage de créer un lycée de jeune fille, et c’est seulement deux ans après que le vieil hôtel particulier Sainte Marthe est mis à disposition, auquel il faut encore ajouter deux années de remise en état. C’est donc seulement en 1885 que le lycée de jeune fille ouvre ses portes, avec une éducation semble-t-il très différente de celle des garçons !
Ce lycée était situé dans le prolongement de la Rue de l’Université et de la Rue de St Etienne, au 27 Rue de la Perrière. Cette rue n’existe plus aujourd’hui, située approximativement au niveau du Cour Anatole France, derrière la cathédrale, à l’angle de la Rue des Cordeliers, avant qu’elle ne soit ensuite coupée par l’axe de la Rue Voltaire.
Ci-dessous, la Rue de l’Université et le Lycée de Jeunes Filles.
Laurent Antoine LeMog
Monsieur Marius,
J’ai bien reçu votre carte de votre pays, il a l’air gai.
Je vous remercie d’avoir pensé à nous.
Nous sommes plus que jamais bombardés.
Mes amitiés et bons souvenirs de ceux qui pensent à vous.
Marielle
Cette fois-ci, pas grand-chose à se mettre sous la dent, en dehors que les bombardements semblent reprendre de plus belle.
Alors on se penche plus précisément sur l’actualité des jours qui précèdent l’envoie de la carte, et qui nous confirme qu’il ne fait pas bon rester dans la Cité des Sacres… il qu’il pleut des « marmites boches » sur Reims !
- 5 novembre 1914 : A plusieurs reprises le bombardement sévit, avec un redoublement de fureur, de 8 heures et demi à 10 heures et demie du soir ; aux victimes, s’ajoutent la ruine et l’incendie.
- 6 novembre 1914 : Des obus sont encore lancés vers 11 heures du matin, craignant la violence des jours précédents, une grande partie de la population s’abrite dans les caves ou gagne les alentours de la ville, vers la Haubette.
- 7 novembre 1914 : Recrudescence du bombardement : deux maisons de vins de champagne sont atteintes ; plusieurs immeubles sont détruits.
Le texte de la carte était plutôt court, finalement bien résumé, mais minimaliste, si on considère la pluie de feu qui s’abat sur la ville.
Passons au visuel… l’entrée de l’Ecole ménagère rue de l’Université à Reims, qui a déjà eu à subir les outrages de la guerre.
Et oui, dans la seconde moitié du XIXè, on considère souvent que le travail des femmes en dehors du logis doit être une exception et que leur place est au foyer, avec pour seule profession pour une femme mariée, d’être à la fois une épouse honorable et une bonne mère de famille. D’ailleurs, c’est le Docteur Octave Doyen (maire de Reims de 1879 à 1884), qui déclare « Il faut préparer les jeunes filles à devenir les compagnes éclairées du chef de famille, les gardiennes économes et laborieuses du foyer domestique ». C’est lors du conseil municipal du 29 décembre 1881 que la ville de Reims envisage de créer un lycée de jeune fille, et c’est seulement deux ans après que le vieil hôtel particulier Sainte Marthe est mis à disposition, auquel il faut encore ajouter deux années de remise en état. C’est donc seulement en 1885 que le lycée de jeune fille ouvre ses portes, avec une éducation semble-t-il très différente de celle des garçons !
Ce lycée était situé dans le prolongement de la Rue de l’Université et de la Rue de St Etienne, au 27 Rue de la Perrière. Cette rue n’existe plus aujourd’hui, située approximativement au niveau du Cour Anatole France, derrière la cathédrale, à l’angle de la Rue des Cordeliers, avant qu’elle ne soit ensuite coupée par l’axe de la Rue Voltaire.
Ci-dessous, la Rue de l’Université et le Lycée de Jeunes Filles.
Laurent Antoine LeMog
jeudi 5 juin 2014
MARGIVAL Ferme de Montgarny 1914-2014
Centenaire 1914.
Mobilisation Générale des troupes les 7, 8 et 9 juin 2014 à la Ferme de MONTGARNY (commune de MARGIVAL dans l'Aisne)
Depuis REIMS, direction le CHEMIN DES DAMES et à l'ouest, au pied de Laffaux, village mémoire du Chemin des Dames, dans la vallée, la Ferme de Montgarny 1914-2014 vous accueille ce week-end (7, 8 et 9 juin 2014) avec les troupes françaises et allemandes en tenue 14-18, autour de leur cuisine roulante, dans leur bivouac. Nombreuses expositions (coiffes militaires, photos...) de 10 à 18 heures.
De 1914 à 1917, la ferme de Montgarny était occupée par un lazaret...Les 7, 8 et 9 juin 2014, la ferme de Montgarny recevra en ses murs les infirmières de FRONT SCHWEIN !....Je vous invite à venir les saluer !!!
Inscription à :
Articles (Atom)









































