Nantes 02/09/69
Très chers tous,
Je viens vous remercier petits et grands de vos belles cartes que vous avez eu la bonté de m’envoyer des diverses contrée où vous êtes passés. J’ai reçu la dernière ce matin de Maryvonne d’Angleterre.
Merci à tous, mais pas à Mémé qui avait promis de m’écrire et qui depuis deux semaines demain, n’a pas donné signe de vie.
Faut pas désespérer, je la verrais sans doute un de ces jours.
La carte que je vous envoie est un fond de tiroir restant de 14-18… J’en ai d’autres.
Bonnes bises à tous,
Mila
Une fois n’est pas coutume dans cette série d’articles, ce n’est pas une carte écrite pendant la guerre, même si le visuel pouvait laisser penser le contraire. Ce courrier a été envoyé en septembre 1969 par une personne qui semble apprécier énormément l’échange de courrier et de cartes postales. On imagine très bien une jeune collectionneuse. Le texte est sans grand intérêt, même s’il est un peu amusant, et la dernière phrase nous renseigne, cette carte est un fond de tiroir datant de la première guerre mondiale !
Le visuel nous ramène en 1915, à Reims, pendant le conflit, 54 années avant l’expédition de cette carte. Ce cliché Lavergne, édité par L.L. nous laisse encore une fois découvrir le martyr de la ville de Reims. La photo est prise rue de l’Université, à l’angle de la rue des Cordeliers et du Cardinal de Lorraine… Un angle de rue qui n’existe plus aujourd’hui, depuis le percement après-guerre, de la rue Voltaire croisant le Cours Anatole France.
Ci-dessous, une carte postale datant de 1903. Le cliché est pris dans le même axe que celui de la carte postale ci-dessus. Les guerre n’a pas encore apporté son funeste tribut. Sur la gauche le Lycée de Jeunes Filles.
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jeudi 30 juin 2016
mardi 17 novembre 2015
Correspondance 14-18 – "...ils ont encore arrosé St-Anne et le bord du canal"
26 mai 1915
Mon cher Emile,
Un de nos officiers part en permission pour 7 jours, le veinard ! Je lui confie ma lettre.
Tu as dû voir sur une circulaire de secteur que Guillemont et Fallon étaient officiers d’administration dans les hôpitaux de Bar-le-Duc et Dunkerque. Chody est en congé de 7 jours avant de partir au dépôt. Maintenant que l’Italie est avec nous, cela va marcher, les boches semblent économiser leurs munitions, néanmoins, cette nuit, ils ont encore arrosé St-Anne et le bord du canal.
Je rappelle les infirmières en congé, les divisions de réserve de Reims vont être remplacées, est-ce l’avance prochaine ?
J’apprends d’autre part que l’on se dispose à distribuer l’eau de la ville aux tranchées… Incertitude.
Attendons, mais la décision semble pour juin.
Ne te fais pas de bile, les hommes ne manquent pas et tu seras maintenu comme tu es sans doute.
Meilleurs baisers à Suzon, dont je souhaite le prompt rétablissement, ainsi que à Augustine.
Je t’aime de tout mon cœur.
Georges.
Pas forcément facile de tout comprendre, mais il y a fort à parier que Georges écrive à son frère, qui à priori, n’a pas dû être encore mobilisé, puisqu’il fait allusion au fait qu’on ne manque pas d’hommes, et qu’Emile pourrait rester là où il est.
Vraisemblablement, Georges est gradé dans un corps médical… puisqu’il s’occupe de rappeler les infirmières.
Nous sommes dans l’actualité. Georges est plutôt optimiste, en effet, l’Italie, quelques jours avant ce courrier, le 3 mai 1915, rejoint la Triple Entente (France, Russie, Royaume-Uni) après sa neutralité adoptée au début de la guerre (avant-guerre, l’Italie faisait partie de la Triple Alliance aux côtés de l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie). Mais bon, nous le savons aujourd’hui, pas de quoi faire se terminer rapidement le conflit.
Nuit de bombardement à Reims, plus précisément sur le quartier St-Anne et le bord du canal… voilà ce qu’on peut lire sur le Matot-Braine :
26 mai 1915 – Reims – Plusieurs obus : rue Clovis, sur le canal et ses abords.
Ce qui corrobore les dires de Georges.
Terminons par le visuel de la carte, il s’agit du Temple protestant situé au 13 du boulevard Lundy, bombardé dès le début du conflit, le 19 septembre 1914. Comme on peut le constater, il ne reste plus que la façade debout, et les cheminées… la toiture est partie en fumée !
Il n’était pas si vieux, 47 ans ! (construit en 1867)
Ci-dessous, le Temple protestant du boulevard Lundy, avant guerre.
Mon cher Emile,
Un de nos officiers part en permission pour 7 jours, le veinard ! Je lui confie ma lettre.
Tu as dû voir sur une circulaire de secteur que Guillemont et Fallon étaient officiers d’administration dans les hôpitaux de Bar-le-Duc et Dunkerque. Chody est en congé de 7 jours avant de partir au dépôt. Maintenant que l’Italie est avec nous, cela va marcher, les boches semblent économiser leurs munitions, néanmoins, cette nuit, ils ont encore arrosé St-Anne et le bord du canal.
Je rappelle les infirmières en congé, les divisions de réserve de Reims vont être remplacées, est-ce l’avance prochaine ?
J’apprends d’autre part que l’on se dispose à distribuer l’eau de la ville aux tranchées… Incertitude.
Attendons, mais la décision semble pour juin.
Ne te fais pas de bile, les hommes ne manquent pas et tu seras maintenu comme tu es sans doute.
Meilleurs baisers à Suzon, dont je souhaite le prompt rétablissement, ainsi que à Augustine.
Je t’aime de tout mon cœur.
Georges.
Pas forcément facile de tout comprendre, mais il y a fort à parier que Georges écrive à son frère, qui à priori, n’a pas dû être encore mobilisé, puisqu’il fait allusion au fait qu’on ne manque pas d’hommes, et qu’Emile pourrait rester là où il est.
Vraisemblablement, Georges est gradé dans un corps médical… puisqu’il s’occupe de rappeler les infirmières.
Nous sommes dans l’actualité. Georges est plutôt optimiste, en effet, l’Italie, quelques jours avant ce courrier, le 3 mai 1915, rejoint la Triple Entente (France, Russie, Royaume-Uni) après sa neutralité adoptée au début de la guerre (avant-guerre, l’Italie faisait partie de la Triple Alliance aux côtés de l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie). Mais bon, nous le savons aujourd’hui, pas de quoi faire se terminer rapidement le conflit.
Nuit de bombardement à Reims, plus précisément sur le quartier St-Anne et le bord du canal… voilà ce qu’on peut lire sur le Matot-Braine :
26 mai 1915 – Reims – Plusieurs obus : rue Clovis, sur le canal et ses abords.
Ce qui corrobore les dires de Georges.
Terminons par le visuel de la carte, il s’agit du Temple protestant situé au 13 du boulevard Lundy, bombardé dès le début du conflit, le 19 septembre 1914. Comme on peut le constater, il ne reste plus que la façade debout, et les cheminées… la toiture est partie en fumée !
Il n’était pas si vieux, 47 ans ! (construit en 1867)
Ci-dessous, le Temple protestant du boulevard Lundy, avant guerre.
mercredi 4 novembre 2015
Correspondance 14-18 – "à l’appel, il en manquait la moitié"
27 mars 1915
Bien chers parents, notre transport d’hier a été favorisé par un clair de lune qui remplace utilement nos phares.
Tout s’est bien passé, mais vous ne pouvez pas vous imaginer les difficultés que l’on a pour faire partir les réfugiés.
Ainsi hier nous devions prendre dans un village 126 personnes et, à l’appel, il en manquait la moitié.
Le Commissaire de Reims va modifier son service d’ordre car tous les réfugiés signalés comme nécessiteux doivent quitter la ville.
La vrai raison, c’est que l’on craint que quelques-uns d’entre eux se livrent à l’espionnage.
Cet après-midi, je dois emmener un transport de troupes de Braine près Soissons.
Vous le voyez, on ne chôme pas mais notre besogne est facilitée par un temps superbe.
Cette nuit, nous n’aurons pas de mouvement.
Ce soir, nous cantonnons à Muizon.
Nous reprendrons notre service à Reims demain soir.
Sur cette carte et à gauche vous verrez une succursale de Bauche épargnée par les obus.
Je vais toujours bien, votre fils dévoué.
René.
Cette fois-ci, nous avons beaucoup d’intérêt à lire ce courrier, qui nous en apprend un peu plus sur l’évacuation des réfugiés. Je n’ai pas réussi à trouver quel était le village dont René parle, où seulement la moitié de la population concernée avait répondu à l’appel. Alors, était-ce dû à des problèmes de communication, ou tout simplement que certains n’avaient pas envie de quitter leur village ? Pourtant, il s’agissait de nécessiteux. Certains de ceux qui restent se livraient-ils effectivement à des activités d’espionnage ?
En tout cas, René ne s’ennuie pas et semble enchaîner les allers retours, de nuit… aujourd’hui vers Braine, et retour à Muizon.
Quant au visuel de la carte, René semble avoir un intérêt tout particulier (ou le destinataire de cette carte) pour la succursale des coffres-forts Bauche… qui effectivement, aussi incroyable que cela puisse paraître, est encore debout alors qu’il ne reste plus rien de sa voisine.
En regardant d’un peu plus près la carte ci-dessous, on voit que cette maison complètement détruite est la boutique de La Compagnie Singer. On peut aussi se rendre compte qu’il s’agit d’une construction beaucoup plus ancienne, peut-être en carreaux de terre, ce qui expliquerait en partie, ce tas de décombres impressionnant. Cette seconde carte est datée de 1910, peut-être est-elle un peu plus ancienne, mais toujours est-il que la succursale Bauche n’est pas encore installée rue de Vesle.
Laurent ANTOINE LeMog
Bien chers parents, notre transport d’hier a été favorisé par un clair de lune qui remplace utilement nos phares.
Tout s’est bien passé, mais vous ne pouvez pas vous imaginer les difficultés que l’on a pour faire partir les réfugiés.
Ainsi hier nous devions prendre dans un village 126 personnes et, à l’appel, il en manquait la moitié.
Le Commissaire de Reims va modifier son service d’ordre car tous les réfugiés signalés comme nécessiteux doivent quitter la ville.
La vrai raison, c’est que l’on craint que quelques-uns d’entre eux se livrent à l’espionnage.
Cet après-midi, je dois emmener un transport de troupes de Braine près Soissons.
Vous le voyez, on ne chôme pas mais notre besogne est facilitée par un temps superbe.
Cette nuit, nous n’aurons pas de mouvement.
Ce soir, nous cantonnons à Muizon.
Nous reprendrons notre service à Reims demain soir.
Sur cette carte et à gauche vous verrez une succursale de Bauche épargnée par les obus.
Je vais toujours bien, votre fils dévoué.
René.
Cette fois-ci, nous avons beaucoup d’intérêt à lire ce courrier, qui nous en apprend un peu plus sur l’évacuation des réfugiés. Je n’ai pas réussi à trouver quel était le village dont René parle, où seulement la moitié de la population concernée avait répondu à l’appel. Alors, était-ce dû à des problèmes de communication, ou tout simplement que certains n’avaient pas envie de quitter leur village ? Pourtant, il s’agissait de nécessiteux. Certains de ceux qui restent se livraient-ils effectivement à des activités d’espionnage ?
En tout cas, René ne s’ennuie pas et semble enchaîner les allers retours, de nuit… aujourd’hui vers Braine, et retour à Muizon.
Quant au visuel de la carte, René semble avoir un intérêt tout particulier (ou le destinataire de cette carte) pour la succursale des coffres-forts Bauche… qui effectivement, aussi incroyable que cela puisse paraître, est encore debout alors qu’il ne reste plus rien de sa voisine.
En regardant d’un peu plus près la carte ci-dessous, on voit que cette maison complètement détruite est la boutique de La Compagnie Singer. On peut aussi se rendre compte qu’il s’agit d’une construction beaucoup plus ancienne, peut-être en carreaux de terre, ce qui expliquerait en partie, ce tas de décombres impressionnant. Cette seconde carte est datée de 1910, peut-être est-elle un peu plus ancienne, mais toujours est-il que la succursale Bauche n’est pas encore installée rue de Vesle.
Laurent ANTOINE LeMog
mercredi 14 octobre 2015
Correspondance 14-18 - les boches nous en ont envoyé 2000 !
Reims, le 25 février 1915
Madame Beaudelaire,
Je réponds à votre lettre que nous avons reçue ces derniers jours pour vous dire que la maison ainsi que votre logement sont tels que vous êtes partis et sommes tous en bonne santé, nous souhaitons que notre lettre vous trouve de même.
Dimanche, ainsi que lundi, les boches nous en ont envoyé 2000 ! Ainsi que vous pouvez en juger, quelle peur nous avons eu.
Restez à l’abri puisque vous y êtes et ne revenez que lorsqu’il n’y aura plus de danger.
Georges
Effectivement, dans de telles conditions, il vaut mieux rester à l’abri des marmites boches !
2000 ? cela paraît énorme… mais certainement vrai, un petit retour sur l’actualité d’imposer :
La nuit du 21 au 22 février marquera dans les annales de notre cité et pourra s’appeler la Nuit Terrible. De 9 heures du soir à 2 heures et demi du matin, ce fut une averse ininterrompue d’obus et de bombes incendiaires sur le 4e canton. Nombre de maison ne sont plus que des ruines. Incendie Esplanade Cérès, rue Pluche, rue Saint-Crépin, rue du Grenier-à-Sel, Place des Marchés, derrière les Halles ; impasse Saint-Jacques. Effondrement Place Drouet-d’Erlon, rues Caqué, des Poissonniers, Cérès, Clovis, Andrieux, rues de Vesle, Gambetta, (en face de l’église Saint-Maurice), rues Pasteur et du Carrouge, etc. La librairie Catholique d’Armand Lefèvre, rue du Clou-dans-le-Fer, est aussi incendiée. La cathédrale a également souffert, sa voute intérieure qui avait résisté jusqu’ici, est crevée. On compte une vingtaine de tués parmi la population civile et de nombreux blessés.
Une autre carte postale, que nous avons déjà publié, fait également référence à cette Nuit Terrible : http://amicarte51.blogspot.fr/2014/02/guerre-14-18-refugiee-epernay.html
Des bombardements ont encore lieu dans la journée du 22, deux morts. On note « seulement » quelques obus le 23… et le 24 février, les bombardements reprennent le matin à 10 heures et le soir vers 7 heures. Le 25, jours où cette carte est écrite, on note encore des bombardements meurtriers dans la journée.
Le visuel de la carte, nous offre une vision de temps de paix, avec une photo de la rue Libergier avant-guerre. C’est le calme qui précède la tempête. Cette photo est présentée réduite dans un faux cadre… Editée par ELD, on retrouve cette photo à bord perdu sur une autre carte de l’éditeur, portant également le numéro 91… mais de meilleure qualité, qui laisse à supposer que les « trucages » photographiques tendent à éprouver la finesse de reproduction de ces phototypies.
Madame Beaudelaire,
Je réponds à votre lettre que nous avons reçue ces derniers jours pour vous dire que la maison ainsi que votre logement sont tels que vous êtes partis et sommes tous en bonne santé, nous souhaitons que notre lettre vous trouve de même.
Dimanche, ainsi que lundi, les boches nous en ont envoyé 2000 ! Ainsi que vous pouvez en juger, quelle peur nous avons eu.
Restez à l’abri puisque vous y êtes et ne revenez que lorsqu’il n’y aura plus de danger.
Georges
Effectivement, dans de telles conditions, il vaut mieux rester à l’abri des marmites boches !
2000 ? cela paraît énorme… mais certainement vrai, un petit retour sur l’actualité d’imposer :
La nuit du 21 au 22 février marquera dans les annales de notre cité et pourra s’appeler la Nuit Terrible. De 9 heures du soir à 2 heures et demi du matin, ce fut une averse ininterrompue d’obus et de bombes incendiaires sur le 4e canton. Nombre de maison ne sont plus que des ruines. Incendie Esplanade Cérès, rue Pluche, rue Saint-Crépin, rue du Grenier-à-Sel, Place des Marchés, derrière les Halles ; impasse Saint-Jacques. Effondrement Place Drouet-d’Erlon, rues Caqué, des Poissonniers, Cérès, Clovis, Andrieux, rues de Vesle, Gambetta, (en face de l’église Saint-Maurice), rues Pasteur et du Carrouge, etc. La librairie Catholique d’Armand Lefèvre, rue du Clou-dans-le-Fer, est aussi incendiée. La cathédrale a également souffert, sa voute intérieure qui avait résisté jusqu’ici, est crevée. On compte une vingtaine de tués parmi la population civile et de nombreux blessés.
Une autre carte postale, que nous avons déjà publié, fait également référence à cette Nuit Terrible : http://amicarte51.blogspot.fr/2014/02/guerre-14-18-refugiee-epernay.html
Des bombardements ont encore lieu dans la journée du 22, deux morts. On note « seulement » quelques obus le 23… et le 24 février, les bombardements reprennent le matin à 10 heures et le soir vers 7 heures. Le 25, jours où cette carte est écrite, on note encore des bombardements meurtriers dans la journée.
Le visuel de la carte, nous offre une vision de temps de paix, avec une photo de la rue Libergier avant-guerre. C’est le calme qui précède la tempête. Cette photo est présentée réduite dans un faux cadre… Editée par ELD, on retrouve cette photo à bord perdu sur une autre carte de l’éditeur, portant également le numéro 91… mais de meilleure qualité, qui laisse à supposer que les « trucages » photographiques tendent à éprouver la finesse de reproduction de ces phototypies.
mardi 23 juin 2015
Correspondance 14-18 - De Vareilles à Loyasse, en passant par Somepy et Lyon St-Irénée...
Vendredi 1er octobre 1915
Chers parents
Je suis arrivé à bon port à 11h à Lyon, je suis allé me présenter à St Irénée et j'y suis resté.
Ils m'ont versé à la 2e Compagnie au Fort de Loyasse.
Demain, je vais passer la visite et je compte bien être inapte 4 mois ou deux.
Je vous réécrirai demain et je vous donnerai mon adresse.
Votre fils François.
Voilà une carte plutôt intéressante, tant au niveau du visuel avec cet interrogatoire d'un prisonnier allemand à Somepy, que du texte. Même s'il paraît un peu difficile, pour le moment, de faire un rapprochement géographique entre Somepy dans la Marne et cette arrivée à Lyon, finalement très proche de Vareilles en Saône-et-Loire, où habitent ses parents.
Soit François a été mobilisé et s'est rendu directement de Vareilles à Lyon, dans ce cas, on peut se demander pourquoi envoie-t-il une carte de Somepy.
Soit il a déjà combattu dans la Marne, puis s'est retrouvé à Lyon après avoir été blessé au combat. Convalescent, cela pourrait expliquer le fait qu'il pense pouvoir être déclaré inapte pour deux à quatre mois.
Affaire à suivre !
Quelques mots sur les deux forts où s'est rendu François.
Le Fort de St-Irénée a été construit de 1832 à 1842 et fait partie de la première ceinture fortifée de Lyon (composée de 19 ouvrages dont 10 forts).
Pouvant abriter une garnison de 800 hommes, sa réserve de poudre était de 42 tonnes (en 1880), de quoi alimenter 60 canons.
Ci-dessous, une photo d'après-guerre, rendu à la vie civile, le fort abrite de 1920 à 1946 l'institut-Franco-Chinois.
Le Fort de Loyasse fait également partie de la première ceinture de Lyon. Construit de 1836 à 1840, il a été réalisé à la manière d'un fort de montagne, avec des glacis très inclinés entourant le fort.
Il était constitué de deux plates-formes superposées le long de la pente. En partie basse, un front d'attaque constitué de trois bastion. En partie haute, deux bastions et un cavalier permettant de place des pièces d'artillerie en hauteur.
Deux casernes, magasins, puits, latrines et poudrières se trouvaient entre ces deux parties.
Pendant la première guerre mondiale, ce fort a servi principalement de dépôt de prisonniers, doit-on voir un rapport avec le prisonnier de la photo ?
Terminons avec quelques cartes postales de Vareilles, petite commune de Saône-et-Loire d'un peu plus de 400 habitants avant 1914 (243 aujourd'hui), à 60 kilomètres de Mâcon, d'où François semble originaire.
Chers parents
Je suis arrivé à bon port à 11h à Lyon, je suis allé me présenter à St Irénée et j'y suis resté.
Ils m'ont versé à la 2e Compagnie au Fort de Loyasse.
Demain, je vais passer la visite et je compte bien être inapte 4 mois ou deux.
Je vous réécrirai demain et je vous donnerai mon adresse.
Votre fils François.
Guerre 1914/15 - A Somepy (Marne) interrogatoire d'un prisonnier allemand
Voilà une carte plutôt intéressante, tant au niveau du visuel avec cet interrogatoire d'un prisonnier allemand à Somepy, que du texte. Même s'il paraît un peu difficile, pour le moment, de faire un rapprochement géographique entre Somepy dans la Marne et cette arrivée à Lyon, finalement très proche de Vareilles en Saône-et-Loire, où habitent ses parents.
Soit François a été mobilisé et s'est rendu directement de Vareilles à Lyon, dans ce cas, on peut se demander pourquoi envoie-t-il une carte de Somepy.
Soit il a déjà combattu dans la Marne, puis s'est retrouvé à Lyon après avoir été blessé au combat. Convalescent, cela pourrait expliquer le fait qu'il pense pouvoir être déclaré inapte pour deux à quatre mois.
Affaire à suivre !
Quelques mots sur les deux forts où s'est rendu François.
![]() |
| Fort St-Irénée, vu du ciel. |
Le Fort de St-Irénée a été construit de 1832 à 1842 et fait partie de la première ceinture fortifée de Lyon (composée de 19 ouvrages dont 10 forts).
Pouvant abriter une garnison de 800 hommes, sa réserve de poudre était de 42 tonnes (en 1880), de quoi alimenter 60 canons.
Ci-dessous, une photo d'après-guerre, rendu à la vie civile, le fort abrite de 1920 à 1946 l'institut-Franco-Chinois.
Le Fort de Loyasse fait également partie de la première ceinture de Lyon. Construit de 1836 à 1840, il a été réalisé à la manière d'un fort de montagne, avec des glacis très inclinés entourant le fort.
Il était constitué de deux plates-formes superposées le long de la pente. En partie basse, un front d'attaque constitué de trois bastion. En partie haute, deux bastions et un cavalier permettant de place des pièces d'artillerie en hauteur.
Deux casernes, magasins, puits, latrines et poudrières se trouvaient entre ces deux parties.
Pendant la première guerre mondiale, ce fort a servi principalement de dépôt de prisonniers, doit-on voir un rapport avec le prisonnier de la photo ?
Terminons avec quelques cartes postales de Vareilles, petite commune de Saône-et-Loire d'un peu plus de 400 habitants avant 1914 (243 aujourd'hui), à 60 kilomètres de Mâcon, d'où François semble originaire.
jeudi 21 mai 2015
Correspondance 14-18 - A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées
Le 21 octobre 1915
Ma chère Henriette,
je t'envoie une collection de la Bonne Presse, je pense que cela te fera plaisir.
Je te dirais que la mère de Paul va bien doucement.
Je suis encore à Bouzy jusqu'à jeudi prochain.
A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées, car cela a été terrible mardi, ils sont venus à 500 mètres de la gare de Wez Thuisy.
Enfin, espérons que cela arrêtera.
En attendant de tes nouvelles, toute la famille vous donne le bonjour, ta cousine qui t'embrasse de tout cœur.
Berthe
Assurément, une carte régionale intéressante sur bien des points. Si on s'intéresse un peu à cette période d'octobre 1915, l'Almanach Matot-Braine nous apprend que le 19, entre le fort de la Pompelle et le village de Prosnes, les allemands s'emparent de quelques éléments de tranchées dans notre première ligne, mais qu'ils sont rejetés aussitôt par une vigoureuse contre-attaque de nos troupes. Il s'agit certainement de ces combats qui se sont rapprochés de la gare de Wez-Thuisy...
Quant à ce gaz asphyxiant dont Berthe fait référence, il est noté que le 20 octobre 1915 :
L'ennemi renouvelle ses attaques, cette fois entre la butte de tir de la garnison de Reims et le village de Prunay : malgré l'usage de gaz suffocants, il est arrêté par le feu de nos canons et de nos mitrailleuses.
Ci-dessous, la gare de Wez-Thuisy qui a déjà bien souffert :
La gare temporaire, après guerre... et la gare d'origine, dont il ne reste plus grand chose :
Si on recherche aujourd'hui cette gare, il faut se tourner vers celle de Val-de-Vesle (anciennement gare de Wez - Thuisy). Cette commune a été créée en 1965 par la fusion des 3 villages indépendants : Courmelois, Wez et Thuisy.
Comme on a pu le constater, ces communes se trouvaient au cœur des combats, comme l'attestent les cartes postales ci-dessous :
Et pour terminer, quelques mots sur la carte postale elle-même.
Déjà, elle n'a pas été choisie par hasard, mais pour faire plaisir.
Même en temps de guerre, les plaisirs simples sont toujours les bienvenus, alors pourquoi se priver de joindre l'utile à l'agréable ?
Il semble que Berthe collectionne les cartes, et tout particulièrement celles éditées par La Maison de la Bonne Presse.
Pour beaucoup d'entre nous, ce nom ne nous dit plus grand chose. Cette société a été créée en 1873 par le père Emmanuel d'Alzon, fondateur de la communauté des Augustins.
Cette communauté religieuse va utiliser la presse pour communiquer et lance le premier hebdomadaire en couleur : Le Pélerin.
La Maison de la Bonne Presse va éditer un nombre impressionnant d'ouvrages, d'objets, et de cartes postales religieuses.
En 1969, changement de nom, le groupe devient Bayard Presse, que nous connaissons toujours aujourd'hui.
Cette carte, présentant des prêtres en pleine action pendant la guerre, fait partie d'une grande série illustrée d'acte de foi et d'assistance. Quelques exemples ci-dessous :
Ma chère Henriette,
je t'envoie une collection de la Bonne Presse, je pense que cela te fera plaisir.
Je te dirais que la mère de Paul va bien doucement.
Je suis encore à Bouzy jusqu'à jeudi prochain.
A Verzy, il y a eu du gaz asphyxiant qui a remonté des tranchées, car cela a été terrible mardi, ils sont venus à 500 mètres de la gare de Wez Thuisy.
Enfin, espérons que cela arrêtera.
En attendant de tes nouvelles, toute la famille vous donne le bonjour, ta cousine qui t'embrasse de tout cœur.
Berthe
2. Prêtre-Soldat bénissant une fosse commune
Collection Artistique de la Maison de la Bonne Presse, 5 Rue Bayard, Paris
Assurément, une carte régionale intéressante sur bien des points. Si on s'intéresse un peu à cette période d'octobre 1915, l'Almanach Matot-Braine nous apprend que le 19, entre le fort de la Pompelle et le village de Prosnes, les allemands s'emparent de quelques éléments de tranchées dans notre première ligne, mais qu'ils sont rejetés aussitôt par une vigoureuse contre-attaque de nos troupes. Il s'agit certainement de ces combats qui se sont rapprochés de la gare de Wez-Thuisy...
Quant à ce gaz asphyxiant dont Berthe fait référence, il est noté que le 20 octobre 1915 :
L'ennemi renouvelle ses attaques, cette fois entre la butte de tir de la garnison de Reims et le village de Prunay : malgré l'usage de gaz suffocants, il est arrêté par le feu de nos canons et de nos mitrailleuses.
Ci-dessous, la gare de Wez-Thuisy qui a déjà bien souffert :
La gare temporaire, après guerre... et la gare d'origine, dont il ne reste plus grand chose :
Si on recherche aujourd'hui cette gare, il faut se tourner vers celle de Val-de-Vesle (anciennement gare de Wez - Thuisy). Cette commune a été créée en 1965 par la fusion des 3 villages indépendants : Courmelois, Wez et Thuisy.
Comme on a pu le constater, ces communes se trouvaient au cœur des combats, comme l'attestent les cartes postales ci-dessous :
Et pour terminer, quelques mots sur la carte postale elle-même.
Déjà, elle n'a pas été choisie par hasard, mais pour faire plaisir.
Même en temps de guerre, les plaisirs simples sont toujours les bienvenus, alors pourquoi se priver de joindre l'utile à l'agréable ?
Il semble que Berthe collectionne les cartes, et tout particulièrement celles éditées par La Maison de la Bonne Presse.
Pour beaucoup d'entre nous, ce nom ne nous dit plus grand chose. Cette société a été créée en 1873 par le père Emmanuel d'Alzon, fondateur de la communauté des Augustins.
Cette communauté religieuse va utiliser la presse pour communiquer et lance le premier hebdomadaire en couleur : Le Pélerin.
La Maison de la Bonne Presse va éditer un nombre impressionnant d'ouvrages, d'objets, et de cartes postales religieuses.
En 1969, changement de nom, le groupe devient Bayard Presse, que nous connaissons toujours aujourd'hui.
Cette carte, présentant des prêtres en pleine action pendant la guerre, fait partie d'une grande série illustrée d'acte de foi et d'assistance. Quelques exemples ci-dessous :
mercredi 15 avril 2015
Reims 14-18 - La Cathédrale à 17h25...
Maintenant, je vais mieux mais je souffre toujours beaucoup de l'estomac.
Vois-tu, ce qui nous faudrait, c'est la fin de la guerre, enfin, il faut espérer que nous en approchons, car je t'assure qu'il me tarde de te revoir ainsi que toute la famille.
Prenons patience, ce grand jour, espérons-le, sera vite-là.
Embrasse, chère Maman, toute la famille pour moi.
Reçois chère Maman, de ton fils qui t'aime, ses plus affectueux baisers.
H.Janisson
Hélas, une lettre non datée, mais le titre de la photo nous laisse à penser que nous sommes en 1915 (Reims dans sa deuxième année de bombardement 1914-15)... malgré l'espoir d'une fin proche, la guerre va encore durer longtemps, de quoi user le moral de nos soldats.
Le recto de la carte nous ramène à l'incendie de la Cathédrale de Reims, suite aux bombardements allemands du 19 septembre 1914...
...le moment est très précis, comme l'indique la légende au bas de la carte :
"On remarque qu'une des deux toitures au bras septentrional n'est pas encore consumée (17h25)
à 17h30 tout était détruit"
Il faut effectivement de bons yeux pour apercevoir un semblant de charpente en train de terminer sa vie dans les flammes. Mais on croit aisément le photographe.
"A cinq heures et demie, la toiture achève de se consumer. On aperçoit, à travers les vitraux de la grande nef, des lueurs rouges faisant supposer qu'à l'intérieur tout brûle.
On s'arrache à grand'peine de ce spectacle terrifiant qui ne sortira jamais de notre mémoire."
M. Aubert (Reims, un siècle d'événements, par D. Pellus).
Finalement, aucune photo n&b de l'époque ne sait rendre fidèlement, ce que fut réellement ce spectacle d'horreur et de désolation, comme si Notre-Dame de Reims se faisait dévorer toute entière par les flammes de l'Enfer ! ...on ne peut que l'imaginer.
Laurent ANTOINE LeMog
Vois-tu, ce qui nous faudrait, c'est la fin de la guerre, enfin, il faut espérer que nous en approchons, car je t'assure qu'il me tarde de te revoir ainsi que toute la famille.
Prenons patience, ce grand jour, espérons-le, sera vite-là.
Embrasse, chère Maman, toute la famille pour moi.
Reçois chère Maman, de ton fils qui t'aime, ses plus affectueux baisers.
H.Janisson
Hélas, une lettre non datée, mais le titre de la photo nous laisse à penser que nous sommes en 1915 (Reims dans sa deuxième année de bombardement 1914-15)... malgré l'espoir d'une fin proche, la guerre va encore durer longtemps, de quoi user le moral de nos soldats.
Le recto de la carte nous ramène à l'incendie de la Cathédrale de Reims, suite aux bombardements allemands du 19 septembre 1914...
...le moment est très précis, comme l'indique la légende au bas de la carte :
"On remarque qu'une des deux toitures au bras septentrional n'est pas encore consumée (17h25)
à 17h30 tout était détruit"
Il faut effectivement de bons yeux pour apercevoir un semblant de charpente en train de terminer sa vie dans les flammes. Mais on croit aisément le photographe.
"A cinq heures et demie, la toiture achève de se consumer. On aperçoit, à travers les vitraux de la grande nef, des lueurs rouges faisant supposer qu'à l'intérieur tout brûle.
On s'arrache à grand'peine de ce spectacle terrifiant qui ne sortira jamais de notre mémoire."
M. Aubert (Reims, un siècle d'événements, par D. Pellus).
Finalement, aucune photo n&b de l'époque ne sait rendre fidèlement, ce que fut réellement ce spectacle d'horreur et de désolation, comme si Notre-Dame de Reims se faisait dévorer toute entière par les flammes de l'Enfer ! ...on ne peut que l'imaginer.
Laurent ANTOINE LeMog
jeudi 5 février 2015
Reims 14-18 - Rien ne sortira de votre petit poilu
Chère petite amie,
vous pouvez me confier tout ce que vous voudrez, rien ne sortira de votre petit poilu.
Je voulais vous demander, avez-vous reçu une photo ?
J'espère que dans quelques jours j'aurais une réponse me disant l'arrivée de ma petite photo.
Il me semble maintenant que bientôt je vais recevoir la vôtre, que vous m'avez promis.
Comme je languis.
Bien des choses à votre bonne Maman.
Votre petit Poilu qui vous embrasse de tout cœur.
Paul
Cette fois-ci, c'est un courrier du cœur, ou presque.
Idylle consommée ou amour naissant, toujours est-il que le vouvoiement est toujours de rigueur.
Est-ce la guerre qui a freiné le démarrage de cette amourette, ou une heureuse rencontre lors d'une permission ?
Je vous laisse imaginer la réponse et vous délecter de cette charmante lettre.
Un ton heureux et léger, qui contraste fort avec la photo de la carte. Encore une fois, il s'agit de la cathédrale incendiée suite aux bombardements allemands du 19 septembre 1914 (carte éditée en 1915, Reims dans sa deuxième année de Bombardement 1914-15).
On ne peut pas dire que ce soit le visuel le plus adapté pour conter fleurette !
C'est assurément le tragique résultat d'une guerre qui devient le quotidien. On ne s'habitue pas vraiment, mais on fait avec, avec fatalité, il faut continuer à vivre... et à aimer !
Laurent ANTOINE LeMog
vous pouvez me confier tout ce que vous voudrez, rien ne sortira de votre petit poilu.
Je voulais vous demander, avez-vous reçu une photo ?
J'espère que dans quelques jours j'aurais une réponse me disant l'arrivée de ma petite photo.
Il me semble maintenant que bientôt je vais recevoir la vôtre, que vous m'avez promis.
Comme je languis.
Bien des choses à votre bonne Maman.
Votre petit Poilu qui vous embrasse de tout cœur.
Paul
Cette fois-ci, c'est un courrier du cœur, ou presque.
Idylle consommée ou amour naissant, toujours est-il que le vouvoiement est toujours de rigueur.
Est-ce la guerre qui a freiné le démarrage de cette amourette, ou une heureuse rencontre lors d'une permission ?
Je vous laisse imaginer la réponse et vous délecter de cette charmante lettre.
Un ton heureux et léger, qui contraste fort avec la photo de la carte. Encore une fois, il s'agit de la cathédrale incendiée suite aux bombardements allemands du 19 septembre 1914 (carte éditée en 1915, Reims dans sa deuxième année de Bombardement 1914-15).
On ne peut pas dire que ce soit le visuel le plus adapté pour conter fleurette !
C'est assurément le tragique résultat d'une guerre qui devient le quotidien. On ne s'habitue pas vraiment, mais on fait avec, avec fatalité, il faut continuer à vivre... et à aimer !
Laurent ANTOINE LeMog
jeudi 27 novembre 2014
Reims 14-18 - Ton grand soldat....
1915 (sans date précise).
Bons baiser de ton grand soldat
toujours en bonne santé.
Signature illisible.
Cette fois-ci, on a affaire à un courrier très court. En fait, il y a même plus à lire sur la légende de la carte que sur le message au verso !
A qui ce poilu s'adresse-t-il ? à sa maman ? à sa petite amie ? on peut imaginer et espérer qu'il écrivait un peu plus longuement à l'élue de son cœur.
Il est plutôt rare de trouver des missives aussi courtes. On peut imaginer qu'il était en trop mauvaise posture pour en écrire plus, et même pour tenir la carte du bon côté.
N'épiloguons pas sur ce contenu très léger et passons au visuel de la carte elle-même.
Déjà, la légende "Campagne 1914-1915", nous laisse à penser que le courrier à été envoyé courant 1915, la photo nous montre les bombardements subis par la Librairie Armand Lefèvre, au numéro 1 de la rue des Chapelains, le 1er mars 1915.
Voilà ce que l'on peut lire dans le Matot-Braine, quant à cette journée du 1er mars 1915 :
Reims - Canonnade peu nourrie dans la matinée et nul bombardement jusqu'à la nuit. A six heures moins un quart, les allemands font pleuvoir sur la ville une cinquantaine d'obus. Vers 9 heures un engagement a lieu entre les belligérants du côté de la Pompelle. L'ennemi, après avoir subi des pertes importantes et laissé des prisonniers entre nos mains, est refoulé dans ses tranchées. Furieux de cet échec, vers une heure et demie du matin, il lance à profusion ses bombes incendiaires sur la ville. On relève plus de vingt-cinq foyers d'incendie. Parmi les immeubles détruits on compte l'imprimerie Matot-Braine, rue du Cadran-Saint-Pierre, la maison de Confection à la Ville d'Elbeuf, rue de l'Arbalète, l'Hôtel de Bary ; boulevard Lundy, les Ecoles de la rue Courmeaux, etc. Trois morts, plusieurs blessés.
Ni la Librairie Armand Lefèvre, ni la rue des Chapelains ne sont cités, mais cette rue étant perpendiculaire à celle du Cadran-Saint-Pierre, nul doute sur le fait qu'elle a subit en même temps cette pluie de fer et de feu !
Ci-dessous, un plan du quartier, afin de situer ces deux rues :
Une autre carte postale de la Librairie Armand Lefèvre, après les bombardements :
Ci-dessous, vue de l'entrée de la Rue des Chapelains (certainement prise à l'angle de la rue du Cadran-Saint-Pierre), en direction de la cathédrale :
Egalement bombardée jours-là, la maison de Confection A la Ville d'Elbeuf, au coin de la rue de l'Arbalète et de la rue de la Clef :
Et l'Hôtel de Bary, boulevard Lundy, qui était une magnifique maison de maître avant guerre, et là, on la retrouve en bien triste état. On note la date, qui est bien la même que dans le Matot-Braine, le 1er mars 1915 :
Bons baiser de ton grand soldat
toujours en bonne santé.
Signature illisible.
Cette fois-ci, on a affaire à un courrier très court. En fait, il y a même plus à lire sur la légende de la carte que sur le message au verso !
A qui ce poilu s'adresse-t-il ? à sa maman ? à sa petite amie ? on peut imaginer et espérer qu'il écrivait un peu plus longuement à l'élue de son cœur.
Il est plutôt rare de trouver des missives aussi courtes. On peut imaginer qu'il était en trop mauvaise posture pour en écrire plus, et même pour tenir la carte du bon côté.
N'épiloguons pas sur ce contenu très léger et passons au visuel de la carte elle-même.
Déjà, la légende "Campagne 1914-1915", nous laisse à penser que le courrier à été envoyé courant 1915, la photo nous montre les bombardements subis par la Librairie Armand Lefèvre, au numéro 1 de la rue des Chapelains, le 1er mars 1915.
Voilà ce que l'on peut lire dans le Matot-Braine, quant à cette journée du 1er mars 1915 :
Reims - Canonnade peu nourrie dans la matinée et nul bombardement jusqu'à la nuit. A six heures moins un quart, les allemands font pleuvoir sur la ville une cinquantaine d'obus. Vers 9 heures un engagement a lieu entre les belligérants du côté de la Pompelle. L'ennemi, après avoir subi des pertes importantes et laissé des prisonniers entre nos mains, est refoulé dans ses tranchées. Furieux de cet échec, vers une heure et demie du matin, il lance à profusion ses bombes incendiaires sur la ville. On relève plus de vingt-cinq foyers d'incendie. Parmi les immeubles détruits on compte l'imprimerie Matot-Braine, rue du Cadran-Saint-Pierre, la maison de Confection à la Ville d'Elbeuf, rue de l'Arbalète, l'Hôtel de Bary ; boulevard Lundy, les Ecoles de la rue Courmeaux, etc. Trois morts, plusieurs blessés.
Ni la Librairie Armand Lefèvre, ni la rue des Chapelains ne sont cités, mais cette rue étant perpendiculaire à celle du Cadran-Saint-Pierre, nul doute sur le fait qu'elle a subit en même temps cette pluie de fer et de feu !
Ci-dessous, un plan du quartier, afin de situer ces deux rues :
Une autre carte postale de la Librairie Armand Lefèvre, après les bombardements :
Ci-dessous, vue de l'entrée de la Rue des Chapelains (certainement prise à l'angle de la rue du Cadran-Saint-Pierre), en direction de la cathédrale :
Egalement bombardée jours-là, la maison de Confection A la Ville d'Elbeuf, au coin de la rue de l'Arbalète et de la rue de la Clef :
Et l'Hôtel de Bary, boulevard Lundy, qui était une magnifique maison de maître avant guerre, et là, on la retrouve en bien triste état. On note la date, qui est bien la même que dans le Matot-Braine, le 1er mars 1915 :
jeudi 7 août 2014
Reims14-18... Une bague-souvenir en métal boche
Torcy, le 20 juillet 1915
Ma chère Marie,
j'ai reçu hier par la poste ton petit colis, merci.
Quand tu auras un autre colis à envoyer, il est préférable de l'expédier en colis postal par la gare de Torcy qui te permet de mettre 3 kilos et ne te coûtera que 0F60 au lieu de 1F35 par la poste.
Ma chère Marie, cette semaine va me paraître très longue, il est fort heureux que vos lettres ne soient pas arrêtées et nous parviennent le surlendemain, mais malgré cela, le temps va me paraître long.
Aujourd'hui, j'envoie par le même courrier dans une boîte à cirage 2 petites bagues faites suivant les mesures envoyées.
Il est bien certains que les bagues seronts arrivées bien avant cette carte.
J'ai reçu une lettre de Mlle Marlore, je vais lui répondre pour la remercier.
J'espère que quand cette lettre te parviendra, Marie Ciboi sera encore avec toi si parfois cela lui ferait plaisir d'avoir une bague-souvenir en métal boche,
qu'elle envoie la mesure, je ferai mon possible pour lui en faire une.
Embrassez-vous bien pour moi, et surtout mon petit Robert.
20 000 baisers...
Albert
Un courrier qui pourrait paraître un peu étrange, mais il faut penser qu'à cette époque, les correspondances, c'est un peu comme les SMS aujourd'hui, presque aussi simple qu'un coup de téléphone, et qu'au jour le jour, les courriers se suivent.
Nous avons affaire à un soldat habile de ses mains, qui semble s'être fait une spécialité dans ce que l'on nomme aujourd'hui "artisanat de tranchée", et plus particulièrement dans les bagues souvenir "sur mesure", réalisées en métal issu des douilles d'obus allemands... cela permet d'occuper les longues journées d'attentes, dans les tranchées.
La carte est rémoise, et nous montre la rue du Cardinal de Lorraine, à l'angle de la Rue de l'Université. C'est une vue assez courante, que l'on retrouve avec des cadrages similaires chez de nombreux éditeurs (ex. ci-dessous).
L'expéditeur, le soldat Albert se trouve à Torcy. Des Torcy, il y en a beaucoup en France, Torcy-le-Petit, Torcy-le-Grand, Torcy-en-Brie etc... mais il y a fort à parier qu'il s'agissent ici de Torcy-en-Valois, en Picardie, à 65 km de Reims. Cette commune était fin 1914 au cœur de la zone des combats, mais derrière la ligne de front à la date où a été écrite cette carte postale, le 20 juillet 1915.
Cette commune de l'Aisne, comme beaucoup d'autres, a énormément souffert de la guerre, comme le prouvent les quelques cartes ci-dessous.
Laurent ANTOINE LeMog
Ma chère Marie,
j'ai reçu hier par la poste ton petit colis, merci.
Quand tu auras un autre colis à envoyer, il est préférable de l'expédier en colis postal par la gare de Torcy qui te permet de mettre 3 kilos et ne te coûtera que 0F60 au lieu de 1F35 par la poste.
Ma chère Marie, cette semaine va me paraître très longue, il est fort heureux que vos lettres ne soient pas arrêtées et nous parviennent le surlendemain, mais malgré cela, le temps va me paraître long.
Aujourd'hui, j'envoie par le même courrier dans une boîte à cirage 2 petites bagues faites suivant les mesures envoyées.
Il est bien certains que les bagues seronts arrivées bien avant cette carte.
J'ai reçu une lettre de Mlle Marlore, je vais lui répondre pour la remercier.
J'espère que quand cette lettre te parviendra, Marie Ciboi sera encore avec toi si parfois cela lui ferait plaisir d'avoir une bague-souvenir en métal boche,
qu'elle envoie la mesure, je ferai mon possible pour lui en faire une.
Embrassez-vous bien pour moi, et surtout mon petit Robert.
20 000 baisers...
Albert
Un courrier qui pourrait paraître un peu étrange, mais il faut penser qu'à cette époque, les correspondances, c'est un peu comme les SMS aujourd'hui, presque aussi simple qu'un coup de téléphone, et qu'au jour le jour, les courriers se suivent.
Nous avons affaire à un soldat habile de ses mains, qui semble s'être fait une spécialité dans ce que l'on nomme aujourd'hui "artisanat de tranchée", et plus particulièrement dans les bagues souvenir "sur mesure", réalisées en métal issu des douilles d'obus allemands... cela permet d'occuper les longues journées d'attentes, dans les tranchées.
La carte est rémoise, et nous montre la rue du Cardinal de Lorraine, à l'angle de la Rue de l'Université. C'est une vue assez courante, que l'on retrouve avec des cadrages similaires chez de nombreux éditeurs (ex. ci-dessous).
L'expéditeur, le soldat Albert se trouve à Torcy. Des Torcy, il y en a beaucoup en France, Torcy-le-Petit, Torcy-le-Grand, Torcy-en-Brie etc... mais il y a fort à parier qu'il s'agissent ici de Torcy-en-Valois, en Picardie, à 65 km de Reims. Cette commune était fin 1914 au cœur de la zone des combats, mais derrière la ligne de front à la date où a été écrite cette carte postale, le 20 juillet 1915.
Cette commune de l'Aisne, comme beaucoup d'autres, a énormément souffert de la guerre, comme le prouvent les quelques cartes ci-dessous.
Laurent ANTOINE LeMog
lundi 28 juillet 2014
Reims14-18... Si cela dure encore il y aura beaucoup de déserteurs !
Reims, le 16 juillet 1915
Bien chers amis,
...
Je suis heureux de vous savoir tous en bonne santé.
Je vais bien pour l'instant et espère qu'elle continuera à être bonne.
Comme autres nouvelles, c'est toujours la même chose et certes la guerre n'est pas finie et l'avenir reste toujours sombre, mais vers novembre si cela dure encore il y aura beaucoup de déserteurs car un autre hiver est faisable seulement.
Ceux qui comme moi en passeraient deux sont certains qu'ils casseront leur pipe car ce n'est pas rien, manque de sommeil, couché sur la... (?) ... Ah là la, puis à tous les temps.
Vivement la paix, que nous perdions ou gagnons. Voilà le cri de nous tous.
Bien le bonjour à tous les amis et sans oublier Mlle Fany, il me semble percevoir à travers l'espace son mignon sourire.
Et les pêcheurs, prennent-ils mes chères brèmes ? J'espère bien qu'il en restera quelques unes pour moi à mon retour.
Recevez mes bonnes salutations.
291e d'Infanterie - 23e Compagnie - Secteur 99
Hélas, cette carte était assez difficile à déchiffrer, le premier tiers n'est donc pas retranscrit ici car incompréhensible.
Il semble cependant évoquer des problèmes de permissions, qui seraient accordées à des sous-officiers et des soldats de l'active non mariés,
et refusées à des mobilisés mariés et chargés de famille !
Quant au recto de cette carte postale, il représente l'Usine Lelarge, incendiée et bombardée par les Allemands.
L'usine se trouvait au 11 boulevard Saint-Marceaux, les bureaux au 12 de la rue des Trois Raisinets (carte ci-dessous, datée de 1914).
Et à titre anecdotique, voici une CPA stéréoscopique de l'usine Lelarge, avec un cadrage identique à la première carte, mais inversée horizontalement.
Laurent ANTOINE LeMog
Bien chers amis,
...
Je suis heureux de vous savoir tous en bonne santé.
Je vais bien pour l'instant et espère qu'elle continuera à être bonne.
Comme autres nouvelles, c'est toujours la même chose et certes la guerre n'est pas finie et l'avenir reste toujours sombre, mais vers novembre si cela dure encore il y aura beaucoup de déserteurs car un autre hiver est faisable seulement.
Ceux qui comme moi en passeraient deux sont certains qu'ils casseront leur pipe car ce n'est pas rien, manque de sommeil, couché sur la... (?) ... Ah là la, puis à tous les temps.
Vivement la paix, que nous perdions ou gagnons. Voilà le cri de nous tous.
Bien le bonjour à tous les amis et sans oublier Mlle Fany, il me semble percevoir à travers l'espace son mignon sourire.
Et les pêcheurs, prennent-ils mes chères brèmes ? J'espère bien qu'il en restera quelques unes pour moi à mon retour.
Recevez mes bonnes salutations.
291e d'Infanterie - 23e Compagnie - Secteur 99
Hélas, cette carte était assez difficile à déchiffrer, le premier tiers n'est donc pas retranscrit ici car incompréhensible.
Il semble cependant évoquer des problèmes de permissions, qui seraient accordées à des sous-officiers et des soldats de l'active non mariés,
et refusées à des mobilisés mariés et chargés de famille !
Quant au recto de cette carte postale, il représente l'Usine Lelarge, incendiée et bombardée par les Allemands.
L'usine se trouvait au 11 boulevard Saint-Marceaux, les bureaux au 12 de la rue des Trois Raisinets (carte ci-dessous, datée de 1914).
Et à titre anecdotique, voici une CPA stéréoscopique de l'usine Lelarge, avec un cadrage identique à la première carte, mais inversée horizontalement.
Laurent ANTOINE LeMog
mardi 1 juillet 2014
Reims 14-18 - Trop heureux pour que cela dure - Mars 1915
11 mars 1915
Bien chère Hortense,
comme je te l'annonçais sur mes cartes d'hier, je pensais recevoir aujourd'hui de tes nouvelles, mais malheureusement, je n'ai rien reçu, mais je serai plus favorisé demain je l'espère.
Chère chérie, en ce moment, je suis bien tranquille au coin du poële chez des braves gens qui nous logent et qui jouent de bonté jusqu'à nous mettre une brique dans notre lit.
Tu vois que nous sommes à nouveau trop heureux pour que cela dure.
Enfin, tant pis, ce sera toujours tant de pris sur les mauvais jours. Nous allons manger dans quelques instants le reblochon que m'a envoyé l'oncle Honoré.
Voilà à peu près tout ce que j'avais à te dire ma petite chérie.
J'attends de tes nouvelles avec impatience et t'embrasse ainsi que Mimi Riri de toutes mes forces comme je vous aime.
Louis
Bons baisers pour ma nièce et pour tes parents.
Comme on peut encore le constater, une carte qui se veut rassurante, dans laquelle on échange finalement que des banalités... en dehors d'un "trop heureux pour que cela dure", non dénué de sens !
A la lecture du texte, il semble que Louis ne soit pas soldat, mais plutôt resté seul à Reims, sa famille mise à l'abris quelque part.
Il est, comme il le note, "hébergé chez des braves gens" qui poussent la gentillesse jusqu'à réchauffer les draps du lit avant d'aller coucher.
Il faut dire qu'il ne doit pas faire chaud, si on regarde dans l'Almanach Matot-Braine de l'époque, il est écrit que 3 jours avant, la neige tombait en flocons serrés... c'est vraiment l'hiver.
Si l'on consulte les événements rémois des jours précédents, il semble que la tranquillité que décrit Louis ne soit évoquée que pour rassurer la famille...
En effet, le Matot-Braine note chaque jour des canonnades ou des bombardements presque sans répits, des blessés et des morts. La dernière nuit vraiment calme remonte au 23 février 1915. Pas de quoi vivre en toute quiétude !
Petit clin d’œil au recto de la carte. En dehors du fait que le visuel nous montre les destructions de la cathédrale de Reims, Louis a ajouté une petite phrase assez amusante, qui sera certainement appréciée par nos amis cartophiles :
"Je t'envoie ces deux vues que j'avais depuis longtemps, elles seront rares après la guerre."
Il est vrai que ne sommes qu'en mars 1915, moins d'un an s'est écoulé depuis le début du conflit, il est encore loin d'imaginer que tout çà durera plus de 4 années ! Et des cartes... il y en aura d'édité, par millions !
Au final, en-dehors de quelques unes, ces cartes postales montrant les ravages de la guerre dans notre ville ne sont pas devenues si rares que semblait le penser Louis.
Laurent ANTOINE LeMog
Bien chère Hortense,
comme je te l'annonçais sur mes cartes d'hier, je pensais recevoir aujourd'hui de tes nouvelles, mais malheureusement, je n'ai rien reçu, mais je serai plus favorisé demain je l'espère.
Chère chérie, en ce moment, je suis bien tranquille au coin du poële chez des braves gens qui nous logent et qui jouent de bonté jusqu'à nous mettre une brique dans notre lit.
Tu vois que nous sommes à nouveau trop heureux pour que cela dure.
Enfin, tant pis, ce sera toujours tant de pris sur les mauvais jours. Nous allons manger dans quelques instants le reblochon que m'a envoyé l'oncle Honoré.
Voilà à peu près tout ce que j'avais à te dire ma petite chérie.
J'attends de tes nouvelles avec impatience et t'embrasse ainsi que Mimi Riri de toutes mes forces comme je vous aime.
Louis
Bons baisers pour ma nièce et pour tes parents.
Comme on peut encore le constater, une carte qui se veut rassurante, dans laquelle on échange finalement que des banalités... en dehors d'un "trop heureux pour que cela dure", non dénué de sens !
A la lecture du texte, il semble que Louis ne soit pas soldat, mais plutôt resté seul à Reims, sa famille mise à l'abris quelque part.
Il est, comme il le note, "hébergé chez des braves gens" qui poussent la gentillesse jusqu'à réchauffer les draps du lit avant d'aller coucher.
Il faut dire qu'il ne doit pas faire chaud, si on regarde dans l'Almanach Matot-Braine de l'époque, il est écrit que 3 jours avant, la neige tombait en flocons serrés... c'est vraiment l'hiver.
Si l'on consulte les événements rémois des jours précédents, il semble que la tranquillité que décrit Louis ne soit évoquée que pour rassurer la famille...
En effet, le Matot-Braine note chaque jour des canonnades ou des bombardements presque sans répits, des blessés et des morts. La dernière nuit vraiment calme remonte au 23 février 1915. Pas de quoi vivre en toute quiétude !
Petit clin d’œil au recto de la carte. En dehors du fait que le visuel nous montre les destructions de la cathédrale de Reims, Louis a ajouté une petite phrase assez amusante, qui sera certainement appréciée par nos amis cartophiles :
"Je t'envoie ces deux vues que j'avais depuis longtemps, elles seront rares après la guerre."
Il est vrai que ne sommes qu'en mars 1915, moins d'un an s'est écoulé depuis le début du conflit, il est encore loin d'imaginer que tout çà durera plus de 4 années ! Et des cartes... il y en aura d'édité, par millions !
Au final, en-dehors de quelques unes, ces cartes postales montrant les ravages de la guerre dans notre ville ne sont pas devenues si rares que semblait le penser Louis.
Laurent ANTOINE LeMog
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