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mercredi 5 février 2020

Correspondance 14-18 – " J'ai bien essayé de me faire ajourner "

Longchamp, le 25 juillet ...
Cher frère
Je viens de passer le conseil de révision hier, et je suis déclaré bon pour le service armé.
J'ai bien essayé de me faire ajourner, mais je n'ai pas pu.
Enfin, d'ici qu'on parte, il faut espérer que la guerre sera finie.
Ton frère qui pense à toi, et qui t'embrasse bien fort.
Profit Adolphe



Hélas, pas d'année sur cette carte, il est donc impossible de savoir si Adolphe a pu ou non, échapper au combat armé. On imagine bien que si ce courrier a été écrit en 1914 ou 1915... la guerre est bien loin d'être terminée, et que sa chance de ne pas partir est bien mince.
Nous avons cependant une indication précieuse sur le visuel de la carte.
En effet, s'y trouvent réunies la France et l'Italie, qui n'entrera en guerre aux côtés de la Triple-Entente (France, Royaume-Unie et Russie impériale), qu'après les négociations du Pacte de Londres, soit le 23 mai 1915. De fait, cette carte est assurément postérieure à cette signature.

Le nom de Profit Adolphe, parfaitement lisible, nous permet cependant de faire une recherche sur la base "Mémoire des Hommes" du ministère de la défense.... et hélas, on trouve effectivement un Adolphe PROFIT (Ernest Adolphe Victor Profit)... est-ce le même ? on ne peut en être sûr à 100%.

Voici les renseignements disponibles :
  • Ernest Adolphe Victor Profit
  • Né le 04 05 1894 à Collégien (Seine-et-Marne)
  • Grade :  Soldat 2ème Classe
  • Unité :  167e régiment d'infanterie
  • Bureau de recrutement : Coulommiers
  • Classe : 1914
  • Date de Décès : 12 07 1916
  • Lieu de décès : Fleury-devant-Douaumont (Meuse 55)
MémoireDesHommes

 

jeudi 19 décembre 2019

En 1914, j'avais 16 ans... Lectures...


Les cahiers de Guerre 14-15, sous la plume de René Petit, représentent le témoignage unique d'un adolescent rémois de 16 ans sous les bombes allemandes.

Lorsque la «Grande Guerre» de 1914-1918 a éclaté, René Petit, venait tout juste d’avoir 16 ans. Il décida de consigner chaque jour sur des cahiers d’écolier les évènements qui se déroulaient au cœur de Reims, ville située en première ligne du front durant ce conflit. Ses écrits s’arrêtent brutalement le 8 avril 1915 lorsque l’immeuble qui abrite sa famille est détruit par des obus.

Ces cahiers retracent l’histoire de Reims, la «martyre» à travers les yeux du jeune homme. Des ruelles détruitent aux bombardements de la cathédrale, cette «chronique» quotidienne est un véritable hommage à la ville de Reims, qui laisse imaginer aisément la constante inquiétude des habitants et le caractère incessant des bombardements. Indépendamment de ce cortège de victimes et de destructions, René PETIT évoque également le courage et l’entraide qui existaient dans la vie quotidienne des rémois.


Soucieuse du respect de l’authenticité de ces écrits, la maison d’édition DEFG a fait le choix de publier les textes en manuscrit avec pour illustrations des cartes postales d’époque et de vielles photos appartement à la famille Petit.


Editions DEFG - 9 rue de Moulin Florent - BP 17 - 51420 Witry-lès-Reims

samedi 10 novembre 2018

Brocantes et Vide-Greniers Marne du dimanche 11 novembre 2018

51500 Ludes - Bourse Militaria de Ludes - Salle des Fêtes Route de Puisieulx - 8h00 à 15h00 - Moins de 50 exposants.


51200 Épernay - Brocante de la Chaude Ruelle - Rue Chaude Ruelle - A partie de 6h00 - 200 à 300 exposants.


51800 Sainte-Ménehould - Foire de la Saint Martin - 200 à 300 exposants.




51100 Reims - Marché aux livres Halles du Boulingrin / Animations et cérémonies du 11 novembre - 8h30 à 18h00 - 50 à 100 exposants

De 8 h 30 à 18 h › marché aux livres sur la thématique de 14 - 18, en présence de Gisèle Bienne et Philippe Buton

À l’intérieur des halles du Boulingrin
De 9 h 30 à 18 h › bureau philatélique du centenaire - La Poste Présence du club philatélique - édition et vente de cartes postales et d’enveloppes dessinées par Roland Irolla À l’intérieur des halles du Boulingrin
De 9 h 30 à 18 h › exposition éphémère « les Postes dans la Grande Guerre »
De 9 h 30 à 19 h › exposition de véhicules de collection (Renault EK de 1914, Le Zèbre de 1909, taxi de la Marne de 1913 et bicyclette « Griffon » de 1916 du musée automobile Reims-Champagne ainsi que des véhicules de la collection privée de Philippe Pierrejean (Ford T ambulance de 1917 et voiture d’état-major Renault Torpédo de 1916) en présence de figurants costumés. Présence du chariot hippomobile modèle 1896 servant au transport des vivres et des bagages, proposé par les musées historiques de Reims. Reconstitution historique sous forme de petites scènes de rue avec une cinquantaine de figurants en costumes d’époque de l’association Voix et Lumière de Jehanne.

Autour des halles du Boulingrin
12 h › soupe du Poilu. Proposée dans la cuisine roulante de l’association Le Miroir, réalisée par la Caisse des Écoles de la ville de Reims et servie par des figurants costumés en poilus

Rue du Temple
À 14 h - 15 h - 16 h et 17 h › spectacle de chansons « Nénette et Rintintin », pour le devoir de mémoire (durée : 30 min) À l’intérieur des halles du Boulingrin De 14 h à 18 h › exposition sur le thème de la Grande Guerre (jusqu'au 25 février 2019)

Le Cellier - espace Giuseppe Nivola

jeudi 8 novembre 2018

Vassimont et Chapelaine - Centenaire de l'Armistice - 10 & 11 novembre 2018

Commémoration du centenaire de l'armistice de 1918 !

La mairie et l’association de l'amicale du bien-être et du fleurissement de Vassimont et Chapelaine organise dans le cadre du centenaire de l’armistice de la 1ère guerre mondiale une exposition en collaboration avec le Centre d'Interprétation « Marne 14-18 » de Suippes et l'association Mondement 1914.

Commémoration :

Exposition :
https://www.facebook.com/events/246043182742209/ 

Les bleuets de France effectuerons une quête
durant les deux jours de l'expo !


8,9 et 10 Septembre 1914
C'était il y a 104 ans ! Le village fut incendié et bombardé par les allemands et les Français !

CHATEAU DE CHAPELAINE.
Brûlé par des bombes incendiaires le 7 septembre, il tomba, le 8, entre les mains des Allemands !

Depuis 2014, se déroule le cycle des commémorations nationales et internationales du centenaire de la Première Guerre mondiale. L'année 2018 offre l'occasion de commémorer les événements qui marquèrent les derniers mois de la guerre et le retour à la paix.

La commémoration de l'Armistice du 11 novembre 1918 en sera le point d'orgue !

*    *    *

Tout près de Vassimont, s'étend le domaine de Chapelaine. Le vaste château dont il dépend était habité par une famille châlonnaise, Mme Boudard et son fils.
Du château et des fermes on n'aperçoit plus que des murs pantelants qui se dressent sinistres parmi les sapins.
M. Boudard, garde-voie dans les environs, a pu voir la lueur de l'incendie qui détruisait tout ensemble son domaine et la commune dont il était maire.







mercredi 10 janvier 2018

"Le docteur Langlet", par Hervé PAUL - Hôtel de Ville Reims 26 janvier 2018 - 19h

Dans le cadre des commémorations du centenaire de la Grande Guerre, la Ville de Reims organise un cycle de conférences historiques.



Membre d'Amicarte51, Hervé PAUL vous propose une conférence le 26 janvier 2018 à 19h, au Grand Salon Mars à l'Hôtel de Ville de Reims :

"Le docteur Langlet"

Entrée Libre.
26 janvier 2018 à 19h.
Grand Salon Mars - Hôtel de Ville, Place de l'HDV 51100 Reims

lundi 15 mai 2017

La Guerre 14-18 - Ce sont aussi des témoignages au dos des Cartes Postales...

...
Me voilà arrivé à destination depuis six jours, mon voyage s'est effectué sans incident.
Ces jours-ci, j'ai été faire une tournée parmi les ruines de la ville, les trois quarts des maisons sont détruites et tous les jours, de nouvelles bombes tombent dans la cité.
Depuis huit jours, on entend le canon de la bataille de l'Aisne, les journaux ont du vous renseigner sur les résultats.
Affectueux bonjour au Brigadier Serperstre(?) et aux amis, sans oublier Mme Dubois.
Cordiale poignée de main, un ami qui ne vous oublie pas.




Dans ce courrier, non daté, l'expéditeur évoque la seconde bataille de l'Aisne, commencée le 16 avril 1917, avec la tentative pour nos soldats de reprendre le front allemand entre Soissons et Reims vers Laon, sous les ordre du général Nivelle.
 « L'heure est venue, confiance, courage et vive la France ! »

La carte envoyée de Reims représente les importantes destructions à l'angle des rue de l'Isle et Montoison, des rues proches du square des Cordeliers, mais difficile, vue l'état des maisons, d'affirmer de quel côté a été prise la photographie, mais il semble bien que ce soit dans l'axe ci-dessous, en direction de la Rue des 3 Raisinets.


vendredi 7 avril 2017

Vitry-le-François... pendant les guerres...

Nous vous invitons à découvrir les différentes galeries de cartes postales sur la Page Facebook d'AMICARTE51 (cliquez sur les liens) :

Première Guerre Mondiale
14-18 Vitry-le-François et sa région

A la demande d'un visiteur de la page Facebook d'Amicarte51, voici quelques cartes de Vitry-le-François et de sa région pendant les sombres heures de la première guerre mondiale. Cette cartes sont les témoins des destructions et du martyre de notre région pendant cette guerre horrible. Bignicourt, Blacy, Blesmes, Chapelaine, Courdemanges, Domprémy, Ecriennes, Favresse, Frignicourt, Glannes, Huiron, Luxemont & Villotte, Maurupt, Scrupt, Sermaize-les-Bains, Sommessous, Vauclerc, Vitry-le-François, Vitry-en-Perthois, ... et bien d'autres communes !!


https://www.facebook.com/pg/Amicarte-51-502421839804630/photos/?tab=album&album_id=1285660221480784

https://www.facebook.com/pg/Amicarte-51-502421839804630/photos/?tab=album&album_id=1285660221480784


Seconde Guerre Mondiale
39-45 Vitry-le-François pendant la seconde guerre mondiale

Toujours à la demande d'un visiteur de la page Facebook d'Amicarte51, voici quelques cartes de Vitry-le-François pendant la seconde guerre mondiale, où le martyre de la ville fut à sa comble, suite à l'acharnement des bombardements nazis de 1940 où la ville sera détruite à 80% ! Ce sera ensuite l'occupation allemande et les déportations. En juin 1944, les alliés bombardent massivement la gare de Vitry-le-François... ce bombardement terminera de terrasser la ville. Vitry-le-François sera détruite à 93%. Les cartes postales, encore une fois, témoignent de ces horreurs !




https://www.facebook.com/pg/Amicarte-51-502421839804630/photos/?tab=album&album_id=1285669714813168

https://www.facebook.com/pg/Amicarte-51-502421839804630/photos/?tab=album&album_id=1285669714813168


A voir également, les autres galeries de Cartes Postales sur Vitry-le-François :

Album  Vitry-le-François n°1 :

Album Vitry-le-François n°2 :


jeudi 30 juin 2016

Correspondance 14-18 – Fond de tiroir

Nantes 02/09/69
Très chers tous,
Je viens vous remercier petits et grands de vos belles cartes que vous avez eu la bonté de m’envoyer des diverses contrée où vous êtes passés. J’ai reçu la dernière ce matin de Maryvonne d’Angleterre.
Merci à tous, mais pas à Mémé qui avait promis de m’écrire et qui depuis deux semaines demain, n’a pas donné signe de vie.
Faut pas désespérer, je la verrais sans doute un de ces jours.
La carte que je vous envoie est un fond de tiroir restant de 14-18… J’en ai d’autres.
Bonnes bises à tous,
Mila



Une fois n’est pas coutume dans cette série d’articles, ce n’est pas une carte écrite pendant la guerre, même si le visuel pouvait laisser penser le contraire. Ce courrier a été envoyé en septembre 1969 par une personne qui semble apprécier énormément l’échange de courrier et de cartes postales. On imagine très bien une jeune collectionneuse. Le texte est sans grand intérêt, même s’il est un peu amusant, et la dernière phrase nous renseigne, cette carte est un fond de tiroir datant de la première guerre mondiale !
Le visuel nous ramène en 1915, à Reims, pendant le conflit, 54 années avant l’expédition de cette carte. Ce cliché Lavergne, édité par L.L. nous laisse encore une fois découvrir le martyr de la ville de Reims. La photo est prise rue de l’Université, à l’angle de la rue des Cordeliers et du Cardinal de Lorraine… Un angle de rue qui n’existe plus aujourd’hui, depuis le percement après-guerre, de la rue Voltaire croisant le Cours Anatole France.

Ci-dessous, une carte postale datant de 1903. Le cliché est pris dans le même axe que celui de la carte postale ci-dessus. Les guerre n’a pas encore apporté son funeste tribut. Sur la gauche le Lycée de Jeunes Filles.

jeudi 16 juin 2016

Correspondance 14-18 – " Se plaindre serait faire preuve d’égoïsme "

Chevalier M.
Nouvelle adresse, la Nième
Convois automobiles, par le magasin central d’automobiles. 270e section TM Groupe B - Ecole des Arts & Métiers, Paris.

7 novembre 1914
Mon cher Monsieur,
Je reçois ce matin votre carte datée du 29 octobre et je m’empresse d’y répondre.
De ne pas recevoir toutes les lettres qui me sont adressées, je n’en suis nullement surpris car depuis mon départ j’ai changé d’adresse presque aussi souvent que de chemise. Ce qui m’étonne davantage c’est que mes lettres ne parviennent pas à leurs destinataires, alors que j’évite tout renseignement susceptible de les faire arrêter par la censure. Je commence à désespérer de pouvoir vous faire parvenir de mes nouvelles, ma dernière lettre qui date d’un mois environ, semble, par votre carte, ne pas vous être encore parvenue. Bref, j’espère que la présente sera plus heureuse.
Après être restée inactive pendant près de trois semaines, la section à laquelle j’appartiens a recommencé à rouler. Je ne sais si l’on veut nous faire rattraper le temps perdu, mais nous marchons tout le jour et la nuit en partie. J’ai gardé de me plaindre, car pendant la période d’inaction les jours m’ont semblé trop longs. Se plaindre serait faire preuve d’égoïsme, nombreux en effet, sont les camarades qui ont enduré des privations que je n’ai pas encore connues et qui en outre, sont plus exposés que moi. Comme le zouave, je peux écrire : santé bonne, pas blessé, tout va bien.
Je m’explique aisément que vous qualifiés de considérable, le surcroît de travail qui vous est actuellement imposé, tous vos collègues, qui pour la plupart n’assurent qu’un service, m’ont fait la même réflexion.
Devant considérer mon intérim à Monchamps ( ?), j’avoue que pour le moment, je suis sans préoccupation au sujet de mon ancien service. Néanmoins vous avez relevé dans mon service des erreurs qui m’auraient échappé. Je vous serais très gré de me les faire connaître, afin que je puisse, en temps utile, les régulariser. Pour ce qui est de la commande d’imprimés, je ne l’avais pas encore faite susceptible de partir d’un moment à l’autre, je voulais éviter au nouveau titulaire d’avoir à prendre des imprimés ne lui faisant pas besoin, et pour cette cause, je retardais l’envoi de ma commande à Berger-Levrault.
Veuillez agréer, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs et tout dévoués.
M. Chevalier
Très heureux de savoir que Mr. Percaux ( ?) est votre fidèle collaborateur, je vous prie de lui transmettre mes bonnes amitiés.



Comme on peut le constater, une longue lettre qui aura rempli non seulement tout le verso de cette carte, mais aussi le recto, recouvrant de fait une partie du visuel. Nous somme le 7 novembre 1914, et cela fait à peine plus de trois mois que le conflit est commencé. Cela se ressent à la lecture de ce texte. Pour le moment, son auteur n’a pas encore pris part au combat, et ne fait que se déplacer avec son convoi automobile, après une période d’inaction qui lui a semblé longue. Il ne se doute certainement pas que cette guerre va durer plusieurs années, tant il semble encore très attaché à son travail qu’il vient à peine de quitter, et pour lequel, il règle quelques affaires avec son interlocuteur, qui semble être un collègue, un supérieur, ou peut-être même son patron.
Il évoque d’ailleurs une commande d’imprimés prête à être passée chez Berger-Levrault, célèbre éditeur (Nancy – Paris – Strasbourg). On n’en apprend pas assez pour en déduire précisément l’activité de M. Chevalier, peut-être un travail administratif, cette lettre étant plutôt bien formulée, c’est tout ce que l’on peut en dire.
On constate, comme pour beaucoup d’autres soldats, que toutes les cartes ne parviennent pas toutes à leur destinataire, la censure n’expliquant pas tout, d’autant que M. Chevalier dit prendre soin de ne rien communiquer d’important quant à leurs mouvements… mais peut-être que le simple fait de signaler le lieu d’où on écrit peut, dans certains cas, revêtir une importance militaire stratégique ! Et bien sûr, le fait de se déplacer continuellement n’arrange certainement pas les ces affaires postales.

Le visuel de la carte représente une vue prise en direction de la cathédrale, depuis le quartier des laines, et même si la guerre est commencée depuis peu, elle a déjà fait son lot de destruction. Le cliché est daté du 18 septembre 1914, comme le précise la légende, cette date a de quoi surprendre. En effet, le célèbre incendie qui mutila Notre-Dame de Reims ayant eu lieu le 19 septembre, une photo prise la veille ne peut nous montrer la cathédrale ayant perdu la totalité de sa toiture et de ses charpentes !
Aucune maison ne semble intacte dans ce triste panorama. Seule la cheminée paraît encore se dressée fièrement au milieu de la désolation. On reconnaît au premier plan les ruines de l’ancien couvent des Cordeliers, et un peu plus loin à gauche, les équipements militaires rue St-Symphorien.
Rien dans le courrier ne nous permet d’affirmer que M. Chevalier soit bien passé à Reims, en dehors de la photo de cette carte postale… mais on peut imaginer qu’il avant inexorablement en direction du front… et qu’il serait bientôt à pied d’œuvre.
Dans l’adresse notée au verso, on lit 270ème section TM… TM pour Transport du Matériel (Escadron du Train des Equipages Militaires).
Il me semble que maintenant, cette carte n’a plus beaucoup de choses à nous révéler… à moins de poursuivre les recherches, afin d’identifier un peu plus précisément ce monsieur Chevalier M.

Ci-dessous, quelques CPA de Trains des Equipages (19e à Sainte-Mesmes) :




jeudi 9 juin 2016

Correspondance 14-18 – "ça vaudra mieux que du côté de Verdun"

Cohan, le 6 juillet 1916 ...
Cher Cousine et Cousin
Je vous envoie de mes nouvelles pour vous dire que je suis en bonne santé, j’espère que vous soyez tous de même.
Nous avons quitté le secteur de Verdun voilà trois semaines. Depuis ce temps-là, nous avons voyagé d’un côté et de l’autre, on était dans le département de la Marne.
Aujourd’hui, on est parti de Fismes à 5h et nous avons changé de département, à présent, on est dans l’Aisne. Je crois que l’on va monter aux tranchées dans 2 ou 3 jours. Espérons que ça vaudra mieux que du côté de Verdun, d’après les journaux, il n’y fait pas bon à présent. Je termine en vous embrassant affectueusement.
Ch. Albert.



Il semble que M. Albert ait raison… il ne faisait pas bon être à Verdun en cette période, une des plus longues et des plus dévastatrices batailles de la Première Guerre. Mais il s’attend à monter au front d’un jour à l’autre… on peut imaginer que le sort qui l’attend n’est pas forcément meilleur. On aurait été plus rassuré de leur voir rentrer chez lui ! Mine de rien, ces dernières trois semaines, en fonction des routes empruntées, il aura fait entre 150 et 200 km à pied… une paille !
Alors… vers quel front se dirige-t-il ? Il y a fort à parier qu’il s’agisse de celui de la Somme… en effet, l’offensive de la Somme, mise au point par Joffre fin 1915, connue sa première journée 5 jours avant ce courrier, donc le 1er juillet 1916 ! Ce fut une des batailles les plus meurtrières de l’histoire, faisant plus d’un millions de victimes de part et d’autre (dont plus de 440 000 morts ou disparus).
On se prend alors à croiser les doigts pour l’expéditeur de cette carte !

Hélas, on a trop peu d’informations sur cette carte pour consulter la Base Mémoire… sur laquelle il existe de nombreux Ch. Albert… dont deux pourraient correspondre, un originaire de Paris, et l’autre de Charente-Maritime… mais on espère bien sûr qu’il ait pu réchapper aux combats !

On arrête donc ici notre petite enquête, pour nous intéresser au visuel de la carte… qui bien sûr n’est pas très original, même s’il est très représentatif du passage de notre soldat à Reims, une carte de l’éditeur J. Courcier, représentant la Cathédrale de Reims… dans toute sa splendeur, et pour cause, puisqu’il s’agit d’une photo prise bien avant la guerre, sans aucun échafaudage, et sans les destructions causées par nos turbulents voisins !

jeudi 31 décembre 2015

Correspondance 14-18 – « Nous vous remercions beaucoup de vos bons souhaits… »

Vaudemange, 13 janvier 1918
Monsieur,

Excusez-moi de n’avoir pas répondu plus tôt à votre aimable carte, la faute en est une vilaine grippe qui nous avait attrapé toutes les deux ma tante et moi. Nous vous remercions beaucoup de vos bons souhaits ; à notre tour nous vous offrons les nôtres, la continuation de votre bonne santé et surtout la fin de la guerre et le retour au foyer. Rappelez-nous aux bons souvenirs de vos amis les choristes et organiste qui ont laissé ainsi que vous, un très bon souvenir à la paroisse.

Nous avons eu de très belles cérémonies à Noël, surtout la messe de minuit avec chants à 2 voix, un prêtre de l’intendance tenait l’harmonium.

La crèche avait été préparée en 2 tableaux et sujets découpés peints à la main par un capitaine, les fantassins avaient nettoyé et orné l’église de verdure.

Ils sont dévoués nos braves soldats.

Mlle Quilici, ma tante se joint à moi pour vous envoyer nos amitiés sincères.

H.A.


Voici une carte qui tombe au bon moment… puisqu’il s’agit d’échanges de vœux ! Que souhaiter en pareil moment, en dehors effectivement, d’une bonne santé et la fin de la guerre… qui dure !
Nous sommes en janvier 1918… déjà trois ans et demi de conflit, ça commence à faire long !
Difficile de faire dire beaucoup plus de choses à cette carte. La personne qui écrit est une femme… à Vaudemange… nos soldats sont là – dans le village ? – puisqu’ils ont aidé à préparer l’église et la crèche.
La carte représente le beau Moulin de Vaudemange. Il semble qu'il ait été détruit par les allemands en 1917, il n'était donc déjà plus là lorsque cette carte a été écrite. 

Ci-dessous, quelques cartes postales anciennes de Vaudemange... 




En revanche, difficile de trouver des CPAs de Vaudemange pendant la guerre... en voici quand même une, qui ne montre pas le village, mais qui correspond quand même à cette période de conflit, avec ce biplan allemand "Albatros" abattu par le "Jeanne d'Arc" à Vaudemanges...


...une belle victoire française... que l'on va pouvoir tempérer. En effet, on peut se demander qui est ce "Jeanne d'Arc" ? On aurait pu penser à un dirigeable... mais non, il s'agit d'un de nos fiers avions, un moderne monoplan Saulnier !
Fier ? pas pour longtemps, puisqu'on le retrouve après sa victoire, au sol... après avoir fait un "cheval de bois" ! Il faut bien reconnaître qu'à l'époque, les atterrissages pouvaient être scabreux, et que la moindre irrégularité du terrain pouvait faire capoter la machine volante. On peut supposer et espérer que le pilote est indemne ! Cocoricoooooooooooo !!


mercredi 9 décembre 2015

Correspondance 14-18 – "C’est toujours de meilleur goût"

21 mars 1916

Chère Pauline

Rien de nouveau, pour ce soir, nous coucherons ici, je suis à Villers-Allerand, pas de mauvais sang et Bonne santé.

Ce matin, je t’ai envoyé une jolie carte, je crois que tu seras contente. Je fais ce que je peux pour t’être agréable. Je te dirais bien de m’envoyer un colis, il y a si longtemps que je n’ai rien reçu de toi, maintenant, ce sera plus difficile à trouver pour manger, pourvu que ça vienne de toi n’importe quoi, je le trouverai supérieur à tout ce que je peux trouver… c’est toujours de meilleur goût. J’ai peut-être quelques frais de plus à faire maintenant, tu m’enverras un peu d’argent.

Aujourd’hui ni hier, je n’ai pas reçu de tes nouvelles mais je ne m’en fais pas car le déplacement peut avoir dérangé la poste, pourvu que toi tu reçoives c’est l’essentiel. Il pourrait y avoir du retard aussi, ça va bien, je compte que ma carte te trouve de même ainsi que les enfants.

Mille baisers (Truchet Romain ?)



Au moins, ce n’est pas équivoque, la tambouille n’est pas bonne… Pauline pourra envoyer n’importe quoi, ce sera toujours meilleur que l’ordinaire des poilus !!! Sans parler que recevoir un colis sur le front, ça doit toujours faire extrêmement plaisir.
On peut noter, et c’est admirable de sa part, qu’il essaye de faire plaisir à son épouse, et de lui être agréable – en lui envoyant une jolie carte – alors qu’il se trouve certainement dans des conditions plutôt difficiles, au cœur des combats.

Il est vrai qu’il a choisi pour cet envoi, une carte plutôt originale qui, pour une fois, ne montre pas l’horreur des destructions de la région, mais au contraire une vision positive et optimiste, de ces Marchands des Halles, restés héroïquement à leur poste sous le ravitaillement de la population. Hélas, il n’en demeure pas moins que la situation est toujours aussi dangereuse et risquée, et que les bombardements sur Reims sont toujours nombreux.

Ci-dessous, quelques cartes postales de Villers-Allerand…