lundi 31 mars 2014

Une carte de Félicie...

Reims, le 12 septembre 1916

Cher frère,
deux mots pour te dire que nous sommes tous en bonne santé et désire qu'il en soit de même pour toi.
Le jour que nous avons reçu ta lettre, Charles Schapy était chez nous, il a eu une permission de 24 heures pour Reims, ce qui nous a fait bien plaisir de le voir en bonne santé.
Tu me diras si tu as reçu ma lettre que je t'ai envoyé à Paris, j'avais mis un billet de cinq francs pour toi repartir.
Je n'ai pas encore eu de nouvelles de Lucie depuis.
Jules, Charles et Violette se joignent tous à moi pour t'embrasser.
Ta sœur Félicie.

Adressée à son frère, cette carte, envoyée de Reims par Félicie, nous montre la cathédrale, et les protections contre les éclats d'obus... de frêles remparts contre la férocité de la guerre.

Et comme toujours, on donne des nouvelles de la santé... on rassure... et de petites attentions pour améliorer le quotidien, comme ce petit billet de cinq francs glissé dans une lettre.


Ci-dessous, une autre carte de la cathédrale de Reims, un cliché pris à la même époque si on s'en réfère à l'état des vitraux... avec en premier plan, la statue de Jeanne d'Arc, toujours en place. Elle a été enlevée et évacuée au Panthéon le 6 mars 1918. C'est un peu plus de 3 ans après qu'elle reprit sa place sur le parvis de la cathédrale, le 8 juillet 1921.


Laurent ANTOINE LeMog

jeudi 27 mars 2014

Réunion AMICARTE51 - 30 mars 2014, à CAUREL !

Notre prochaine réunion mensuelle aura lieu dimanche prochain, 30 mars 2014.
Exceptionnellement, pour cause d'élection, nous donnons rendez-vous aux membres de l'association à la Salle des Fêtes de CAUREL (51), de 9h à 12h.

Le Bulletin AMICARTE 51 n°99 sera distribué aux adhérents :

Au sommaire :
1 Le mot du Président
2 Correspondances de Guerre... (L. Antoine)
4 Une Carte Postale... et quelques mots dédiés à Olivier (M.-A. Prévoteau)
6 C’était à Reims, il y a cent ans, 1914 - Le calme avant la tourmente (A. et J.-P. Quéreux)
10 Cartoliste rémoise «Léopold VERGER & Cie - AQUA PHOTO» (V. Deguerne)
17 Note de lecture - « Reims dans la Grande Guerre » (M. Thibault)
18 La Mode, la Mode, la Mode en cartes postales (A. et J.-P. Quéreux)
23 L’accident du Clément-Bayard (A. et J.-P. Quéreux)
26 Exposition industrielle de 1903 à Reims... ...le retour (L. Antoine)
28 Reims - La Fontaine Godinot (M. Thibault)
30 Cartoliste illustrée « Au Collège d’Athlètes » ND. Phot. (H. Paul)
40 La Vieille Flandre, Gand 1913 - 3ème et dernière partie (L. Antoine)
54 Animaux «Le coq et la poule» (A. et J.-P. Quéreux)
55 Animaux «Le chat» (A. et J.-P. Quéreux)
56 Note de lecture « Les chemins de fer de la Marne au début du XXe siècle » (J. Mambret)
57 Le Carabinier du Parc de la Haubette à Reims (M. Thibault)
58 La chapelle Sainte Ménehould de Bienville (M. Thibault)
61 Pour goûter, à un nabuchodonosor de champagne (J. Mambret)
64 Cherchez l’erreur (L. Antoine)
65 « Voiturettes » - « Minivoitures » (A. et J.-P. Quéreux)
68 Note de lecture « Robida et la Grande Guerre » (L. Antoine)
70 Mariage pour tous (J. Mambret)
75 Le Capitaine Craddock arrive à Reims !
76 Lyon, Centre du Monde ! (L. Antoine)

78 Mot de la rédaction

Nous avons fait l’inventaire des bulletins restants. Nous avons décidé de les mettre à la disposition de nos adhérents au prix de 4 euros le bulletin, 30 euros les 10 bulletins.
Voici la liste des bulletins encore disponibles, certains en petite quantité :
2, 3, 6, 9, 10, 12, 13, 14, 20, 22, 23, 33, 36, 37, 40, 42, 44, 47, 49, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 59, 60, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 70, 72, 73, 74, 75, 76, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 90, 91, 92, 96, 97, 98.
N’hésitez pas à contacter Jacki PINON qui a en charge la gestion de ce stock.

Pour faire votre choix dans un ancien numéro, ou compléter votre collection :
Télécharger la liste des sommaires au format PDF

Le Docteur Jean-Baptiste Langlet, dédicace le 30 mars 2014 à Caurel

Hervé PAUL, membre d'AMICARTE51 dédicacera son dernier ouvrage biographique :

"Le Docteur Jean-Baptiste Langlet (1841-1927), héroïque Maire de Reims à l'épreuve de la première guerre mondiale"


de 10 à 11h, dimanche 30 mars 2014
à l'occasion de la réunion mensuelle d'AMICARTE 51,
à la Salle des Fêtes de Caurel (51)

Hervé PAUL remettre aux souscripteurs les livres numérotés et personnellement dédicacés.

Découvrez le site d'Hervé PAUL : http://www.hervepaul.fr/

Hervé PAUL sera également présent lors de la BOURSE du 6 avril 2014 (Celliers de Castelnau, 5 rue Gosset à Reims)

 Hervé PAUL

mardi 25 mars 2014

La Carte-Souvenir de la Bourse du 6 avril 2014

Voici dévoilée, en avant-première, la Carte-Souvenir de la 33e Bourse de Cartes Postales organisée par AMICARTE51 !

Dessinée par André Le Guilloux, cette carte à tirage limitée sera offerte pour toute entrée à la bourse.
Avis aux collectionneurs !

Venez très nombreux le dimanche 6 avril 2014

33e Bourse de Cartes Postales
27e Salon Toutes Collection


Cartes Postales - Timbres - Vieux Papiers - Monnaies - Capsules et Etiquettes de Champagne - Fèves - Marque-pages, etc...
Exposition : LA GUERRE 1914-1918

Celliers de Castelnau - 5, rue Gosset - 51100 REIMS
Parcours fléché depuis échangeur REIMS CENTRE
Exposition - Buffet - Bar
Entrée : 3 euros avec 1 carte souvenir à tirage limité
Gratuit pour les enfants accompagnés jusque 12 ans.

Association AMICARTE 51
122 bis, rue du Barbâtre, 51100 Reims
Tél. 07 81 63 59 97 (répondeur)

lundi 24 mars 2014

Lettre au Papa

Pendant que tu défends la France,
Je t'envoie la Fleur de l'espérance !


Pour changer, une carte qui n'est pas une vue de Reims, mais un visuel faisant appel aux sentiments patriotiques des français... avec une petite fille qui pense bien fort à son Papa, sur le front, défendant la chère patrie.
Cette carte, proposée par Michel Thibault a encore une fois, un texte bien émouvant, que je vous laisse découvrir ci-dessous

Charenton, le 21 août 1915
Maurice, mon cher Maurice,
pourquoi ne m'écris-tu pas, est-ce que tu serais malade et que Georges n'est pas près de toi ?
Mais ce n'est pas raisonnable, tu sais cependant bien comme je trouve le temps long sans lettre et tu sais que cela fait le 14ème jour sans recevoir de lettre.
Je n'ose même plus aller demander puisque chaque fois on me répond il n'y a rien pour vous aujourd'hui, et je ne sais plus qu'imaginer.
Allons mon cher Maurice, écris-moi un petit mot, quant ce ne serai que ta signature.
Kléber se joint à moi pour t'embrasser bien fort, sans oublier le Georges, et le bonjour à tous les camarades et Mme Sarassin et Boquet, je leur avais écris, et le père Michel aussi, et personne n'a de réponse.
On trouve cela bien drôle et on s'ennuie.
Je t'embrasse, ta femme qui t'aime.
Nanni.

Encore une fois, ce qui importe le plus, c'est de recevoir des nouvelles, et c'est valable dans un sens, comme dans l'autre. On attend fébrilement chaque jour des nouvelles des proches qui se trouvent "à la guerre"...
et les soldats reçoivent avec impatience les courriers de la famille, qui leur remonte le moral et leur donne l'espoir de vivre et de vaincre.
Cette lettre nous montre combien il devait être difficile d'attendre d'hypothétiques courriers. Tous les jours, on court à la poste avec espoir.
On imagine bien qu'une journée sans courriers, sous nouvelles, et c'est l'esprit qui galope, les craintes s'installent.
Pourquoi n'a-t-elle pas reçu de courrier ? les raisons peuvent être diverses, impossibilité d'écrire, problèmes d'acheminement du courrier, etc, et on pense forcément au pire... l'attente devient rapidement interminable.
Là, cela fait 14 jours que Nanni n'a pas reçu de courrier de Maurice... tout peut arriver en 14 jours !

Postérieurement, nous adressons à Nanni et Maurice une petite pensée émue, en espérant qu'ils aient pu passer l'épreuve de la guerre, et se soient enfin retrouvés.

Laurent ANTOINE LeMog

jeudi 20 mars 2014

C'est le printemps !

Renaissance, Joie, Bonheur... la nature s'éveille, c'est le printemps !

Pour le fêter, une carte postale rémoise colorisée, la Roseraie, dans le Jardin-Ecole, après guerre... aux heures du renouveau et de la reconstruction.


Premier sourire du printemps 

Tandis qu'à leurs œuvres perverses 
Les hommes courent haletants, 
Mars qui rit, malgré les averses, 
Prépare en secret le printemps. 
Pour les petites pâquerettes, 
Sournoisement, lorsque tout dort, 
Il repasse les collerettes 
Et cisèle les boutons d'or. 
Dans le verger et dans la vigne, 
Il s'en va furtif perruquier, 
Avec une houppe de cygne, 
Poudrer à frimas l'amandier. 
La nature au lit se repose, 
Lui, descend au jardin désert 
Et lace les boutons de rose 
Dans leur corset de velours vert. 
Puis, lorsque sa besogne est faite, 
Et que son règne va finir, 
Au seuil d'avril, tournant la tête, 
Il dit : "printemps, tu peux venir." 

Théophile Gautier 

lundi 17 mars 2014

14-18... Nous sommes été repérés par les avions et les saucisses !

Correspondance de guerre...

9 septembre 1917
Cher Adolphe
Ces quelques lignes pour te donner de mes nouvelles qui vont, comme d'habitude.
Je suis toujours au même endroit.
Toutes les après midi, on allait travailler de deux à cinq heures dans le boyaux.
Hier, nous sommes été repérés par les avions et les saucisses que nous sommes été obligé de quitter le travail à cause des obus qui nous tombaient près.
Depuis hier, nous avons le travail du jour supprimé.
Avec le beau temps qu'il fait, les raisins doivent commencer à s'enfler, vous devez avoir dépiqué.
Je m'arrête cher cousin, en t'embrassant bien fort, reçois, toi et toute la maison mes plus bons souvenirs.
Henri


Boyau de communication


Dans ce courrier, comme "d'habitude", Henri assure que tout va bien... il n'empêche que les obus continuent à pleuvoir.


Le soldat Henri travaille dans les boyaux, ces fossés de liaisons entre les tranchées, qui permettent d'assurer la circulation rapide des hommes, des brancards, des munitions et des vivres.


Il nous apprend que leurs lignes ont été repérées par les avions et les "saucisses", ballons captifs d'observations allemands.

"Saucisse boche".
D'une famille de vigneron, il fait référence aux vignes... de Champagne... ou d'ailleurs ?

Quant à la photo de la carte envoyée, elle nous montre l'intérieur du Collège d'Athlètes, au Parc Pommery, dévasté par les bombardements... la ligne de front fixée après la première bataille de la Marne, passait dans ce parc !
Inauguré en avril 1913, le collège d'Athlètes n'aura eu qu'une existence éphémère de 16 mois.

Parc Pommery, Reims - Au Collège d'Athlètes.

Vous trouverez la Cartoliste N.D. du Collège des Athlètes dans le prochain bulletin de l'Association AMICARTE51, numéro 99, qui sera distribué aux adhérents lors de la prochaine réunion du 30 mars 2013, qui aura lieu à Caurel (article de Hervé PAUL).

Laurent ANTOINE LeMog

vendredi 14 mars 2014

1914-1918: Reims dans la Grande Guerre

Un site à découvrir, passionnant et bien documenté, celui d'Alain MOYAT (journaliste Remois), consacré à Reims dans la Grande Guerre.


1914-1918: Reims dans la Grande Guerre

On y trouve de nombreuses rubriques, Evénements, Expositions, Cartes Postales, Témoignages familiaux, Médias, Livres, Sites à Consulter, Monument Force Noire.

http://reims1418.wordpress.com/

 1914-1918: Reims dans la Grande Guerre - Alain MOYAT

dimanche 9 mars 2014

14-18 - Lettre du Curé Louis

Poursuivons nos lectures des correspondances. Cette fois, c'est un curé qui donne de ses nouvelles.
Pas de faits de guerre, en revanche, cet homme d'église participe activement à améliorer le moral des troupes en s'occupant de leur foi.

Le temps est beau ces jours-ci. Le froid n'a pas encore fait son apparition.
Chaque dimanche, je vais dire la messe dans un camp voisin afin de permettre aux soldats qui y séjournent d'y assister.
Cette sortie me fait du bien et change un peu du travail matériel de tous les jours.
Vous donnerez le bonjour à tous les paroissiens qui vous demanderont de mes nouvelles.
Mes respectueux hommages à Monsieur le Curé de St Martin.
Que Dieu vous garde !
Je vous embrasse tendrement.
Louis.


Il ne nous sera pas possible d'en faire dire beaucoup plus à cette lettre... la carte postale est une vue rémoise, envoyée au Curé de St Martin...
est-ce Saint-Martin sur le Pré dans la Marne ?

La photo nous montre la rue Cérès, en direction de l'Esplanade, avec sur la droite, ce qui reste de la façade du Comptoir de l'Industrie (10 & 12 rue Cérès, Fournitures générales pour l'industrie, Quincaillerie, Articles de Bâtiment, Machines-Outils et petit outillage, Spécialités pour l'Agriculture, Accessoires pour Automobile, etc)..
Cette photo a été prise certainement en 1917 ou 1918, la carte de 1916 ci-dessous nous permet de constater que la façade du Comptoir de l'Industrie est un peu moins détruite.


Ci-dessous, une vue d'avant-guerre, à droite, la devanture du Comptoir de l'Industrie.


Laurent ANTOINE LeMog

mardi 4 mars 2014

1915... et mon sale bourrin !

Je suis resté 4 jours. Le régiment partait et j'ai voulu partir aussi.
Ce sont des infirmières anglaises qui étaient en promenade et qui m'ont trouvé étendu à côté de mon sale bourrin.
J'en suis quitte pour une entorse du genoux et contusion de la cuisse et de l'épaule droite.
La tête fut des plus solides bien qu'elle me fasse encore mal.
Enfin, je suis presque guéri. Le genoux sera long à guérir. Ne le dis pas, je ne voudrais pas que mes parents le sachent !

CPA Michel THIBAULT
Hélàs, on n'en saura pas beaucoup plus de ce courrier... pour une fois, les maux ne semblent pas avoir été causés par la guerre, à moins que le cheval ne se soit emballé à cause de déflagrations ?
Mais l'objet reste toujours le même, informer, donner des nouvelles, et surtout rassurer, comme on peut le lire à la fin de cette petite correspondance : "Ne le dis pas, je ne voudrais pas que mes parents le sachent !".
En revanche, pas de nouvelles du cheval...

Quant au recto de la carte, la photographie nous montre une vue prise de la rue du Cloître, barricadée, on aperçoit un policier.
Pas facile de situer précisément le lieu où a été pris ce cliché, mais il semble que le photographe soit placé dos à la rue du Cardinal de Lorraine à l'angle de la rue du Cloître.
En face, c'est la rue des Cordeliers, et la voie perpendiculaire est la rue de l'Université.

Difficile de s'y retrouver aujourd'hui, la topologie des lieux ayant beaucoup changé après guerre lors de la reconstruction de Reims, la rue du Cloître part toujours de la Place Royale, mais s'arrête à la Cathédrale, ensuite c'est la voie élargie du Cours Anatole France qui prend le relai pour rejoindre la rue de l'Université.
De même, la rue des Cordeliers ne commence plus dans le prolongement de la rue du Cardinal de Lorraine, mais à l'angle de la rue St Symphorien, à partir de la "nouvelle" rue Voltaire. Et dans notre dos à droite, c'est la bibliothèque Carnégie.

La photo ci-dessous nous offre une vue approximative de l'emplacement actuel.


Et histoire de s'y perdre un peu plus, voilà une autre vue, prise également en 1915, mais de l'autre côté, à l'angle de la rue de l'Université, vers la rue du Cardinal de Lorraine, en direction de la barricade.


Laurent ANTOINE LeMog

lundi 3 mars 2014

Samedi 15 mars 2014 - Bourse et Brocante à Lavannes 51110

3ème Bourse Multicollections
1ère Petite Brocante

Samedi 15 mars 2014
9h30 - 17h30

Salle des fêtes de Lavannes

Entrée libre
Restauration et boissons en vente sur place






mercredi 26 février 2014

Guerre 14-18 - Réfugiée à Epernay...

Epernay, le 26 février 1915
Mademoiselle,
le bombardement du 21 m'a forcé de quitter Reims.
Je suis réfugiée à Epernay avec ma famille depuis le 24.
Je vous écrirai une plus longue lettre ces jours-ci.
Mes respects à votre famille.
(signature illisible)

Encore un courrier expédié d'Epernay... par une personne ayant fui Reims bombardée, et certainement hébergée dans de la famille.
Un courrier un peu court pour en dire plus, Epernay reste effectivement une ville relativement tranquille et préservée.

En revanche, ces bombardements du 21 février sont restés tristement célèbres, comme on peut le lire dans le Matot-Braine de 1915-1917.
Reims. - La nuit du 21 au 22 février marquera dans les annales de notre cité et pourra s'appeler la Nuit terrible. De 9 heures du soir à 2 heures et demie du matin, ce fut une averse ininterrompue d'obus et de bombes incendiaires sur le 4e canton.
Nombre de maisons ne sont plus que des ruines. Incendies Esplanade Cérès, rue Pluche, rue Saint-Crépin, rue du Grenier-à-Sel, Place des Marchés, derrière les Halles; impasse Saint-Jacques.
Effondrements place Drouet-d'Erlon, rues Caqué, des Poissonnuers, Cérès, Clovis, Andrieux, rues de Vesles, Gambetta (en face de l'église Saint-Maurice), rues Pasteur et du Carrouge, etc.
La librairie catholique d'Armand Lefèvre, rue du Clou-dans-le-Fer, est aussi incendiée. La cathédrale a également souffert, sa voût intérieure qui avait resisté jusqu'ici est crevée.
On compte une vingtaine de tués parmi la population civile et de nombreux blessés.

On ne peut que le constater, une bien triste hécatombe.

Quant à la carte envoyée, elle représente le Temple protestant, au 13 du boulevard Lundy (orthographié Lundi sur la carte) à Reims, qui lui non plus, n'a pas été épargné, et bombardé le 19 septembre 1914.
Un nouveau Temple protestant a été reconstruit en lieu et place, par l'architecte Ch. Letrosne à partir de 1921, et consacré le 24 juin 1923.

Le Temple Protestant, avant 1914... et le Temple reconstruit en 1921.
Petite étrangeté cependant, une vignette de la Grande Semaine d'Aviation de la Champagne en juillet 1910 a été collée sur le recto de la carte postale... ??? pour décorer ?

Complément : http://reims.14-18.over-blog.com/2013/10/le-temple-protestant.html

Ci-dessous quelques cartes des destructions, suite aux bombardements de Reims du 21 février 1915.




Laurent ANTOINE LeMog

mardi 25 février 2014

Le-Mesnil-sur-Oger - Mondial de la Capsule de la Vigne et du Vin le Dimanche 2 mars 2014

Dimanche 2 mars 2014
Mondial de la Capsule
de la Vigne et du Vin

à Le-Mesnil-sur-Oger 51190

UPR Salle des Pressoirs Odile Le Mesnil sur Oger
Organisé par Pascal Dorme

Prix visiteur : 2 euros
de 8h00 à 18h00

Article Journal L'UNION


Le Mesnil-sur-Oger est un village français, situé dans le département de la Marne et la région de Champagne-Ardenne. Ses habitants sont appelés les Mesnilois et les Mesniloises. La commune s'étend sur 7,9 km² et compte 1 222 habitants depuis le dernier recensement de la population datant de 2005. Avec une densité de 154,5 habitants par km², Le Mesnil-sur-Oger a connu une nette hausse de 13,5% de sa population par rapport à 1999. françaisEntouré par les communes de Oger, Gionges et Flavigny, Le Mesnil-sur-Oger est situé à 11 km au Sud-Est d'Épernay la plus grande ville aux alentours. Situé à 126 mètres d'altitude, le village du Mesnil-sur-Oger a pour coordonnées géographiques Latitude: 48° 56' 48'' Nord Longitude: 4° 1' 19'' Est. La commune est proche du parc naturel régional de la Montagne de Reims. Le maire du Mesnil-sur-Oger se nomme monsieur Pascal LAUNOIS.




Agrandir le plan

lundi 24 février 2014

Epernay, le paradis sur terre...

Epernay, le 5 février 1915
Mademoiselle,
pas de vues intéressantes non plus à Epernay, les boches ont tout respecté, jamais on ne dirait que tout fut envahit, du reste, ils ont été très convenables, personne n'a été évacué, vraiment, c'est une ville bien agréable, on ne se croirait jamais en guerre.
Les magasins de toute façon sont ravitaillés, c'est à ne pas croire, la vie est bien moins chère que par chez nous et on trouve absolument de tout.
J'ai bien regret de quitter, j'arriverais mardi à Revigny, dans l'après-dîner, je prends le train ici à 11h5et arrive à Revigny vers 2h1/2 à 3h, avec l'espoir de vous revoir bientôt. Recevez mes amitiés ainsi que M. et Mme Botollier.
(signature illisible)

Une coquille s'est glissée dans la légende de la carte postale, indiquant l'incendie du 18 septembre ! La confusion vient sûrement du fait que le 18, au moins 5 obus sont tombés sur la cathédrale, causant la mort d'un gendarme et de 2 prisonniers allemands. Mais c'est le bien le lendemain, le 19 septembre 1914, qu'un obus atteint les échafaudages en bois de la tour nord de l'édifice et explose.
L'incendie qui s'ensuit et la chaleur provoquent l'explosion d'une partie de la grande rosace... par le trou béant, des flammèches tombent à l'intérieur de la cathédrale, sur les paillasses installées pour les blessés, qui s'embrasent avec la vitesse que l'on peut imaginer, puis c'est au tour des charpentes de la toiture de prendre feu. La cathédrale a continué de se consumer toute la nuit du 19 au 20 septembre ! 

Une correspondance qui commence un peu étrangement.
La personne qui écrit semble désolée que la ville d'Epernay n'ait pas trop souffert des horreurs des premiers mois de conflit... elle n'a donc pas de cartes avec des vues intéressantes à envoyer, et se rabat sur une carte de la cathédrale de Reims, incendiée en septembre 1914 par les obus allemands.
On a droit à une sorte d'étonnement incrédule dans une ville épargnée où il fait bon vivre !
D'ailleurs, la personne va quitter Epernay avec beaucoup de regret... pour Revigny... mais quel Revigny ?
S'agit-il de Revigny dans le Jura, ou plus proche de nous, Revigny-sur-Ornain, dans la Meuse, où la bataille de la Marne du 6 au 12 septembre 1914 semble n'avoir laissé qu'un champ de ruines comme l'atteste les deux cartes postales ci-dessous, avec cet Hôtel de Ville complètement détruit et une rue de la gare qui reflète la désolation.


Dans ce cas, on comprend aisément ses "regrets", de devoir quitter une si belle ville épargnée, pour un village meurtri !


Laurent ANTOINE LeMog

vendredi 21 février 2014

Réunion AMICARTE 51 - 23 février 2014 - Salle Goulin

Rendez-vous dimanche prochain, 23 février 2014, pour la réunion mensuelle d'AMICARTE 51.

De 9h00 à 12h00, Salle Goulin, 6 rue de la Neuvillette, Reims.


La Bourse 2014 arrivant à grand pas, les Affiches destinées à être placées dans les commerces seront distribuées à l'occasion de la réunion.



Michel Thibault sera présent à la réunion mensuelle de dimanche et se fera un plaisir de dédicacer son nouvel ouvrage:
"Reims dans la Grande Guerre"


A noter, la réunion du 30 mars 2014 aura lieu exceptionnellement à la Salle des Fêtes de CAUREL.

Nous avons également en stock d'anciens bulletins. Voici les numéros encore disponibles :

02, 03, 06, 08, 09, 10, 12, 13, 14, 19, 20, 21, 22, 23, 33, 36, 37, 40, 42, 44, 47, 49, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 59, 60, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 70, 72, 73, 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 90, 91, 92, 93, 94, 96, 97.
(adhérents, au prix de 4 euros le bulletin, 30 euros les 10 bulletins)

jeudi 20 février 2014

Guerre 14-18 - Les Taubes ne viennent plus nous voir !

CPA - Coll. Jacki PINON
Cette fois-ci, il ne s'agit pas d'une carte rémoise, mais dont le visuel complète finalement assez bien les cartes de la semaine dernière...

Elle nous montre le poilu, et sa chère et tendre, éloignée, mais qui l'aime et pense à lui.

Une manière de se rappeler l'être aimé, de penser à sa mie... et de garder l'espoir et la force de vivement la revoir !

Elle a dit : Beaucoup ! l'humble paquerette,
C'est avec plaisir que je le répète.

Quant au texte du verso, il nous apprend que cette carte est adressée à Léon Profit, 8e Régiment d'artillerie à pied, 30e Batterie à Verdun, par sa maman ou son papa, la signature étant incomplète.

Une carte simple, presqu'anodine serait-on tenté de croire. Et pourtant, il suffit d'y relever quelques informations pour reconstruire l'histoire, et aborder de riches développements possibles.

Longchamps, 13 juillet 1915
Cher fils
Nous avons reçu ta carte avec plaisir.
Je te dirais que nous avons fait du bon travail sur St Dié.
Nous avons fait 767 prisonniers allemands, 19 officiers, 2 médecins majors et 32 soldats blessés.
Depuis ici l'on voyait un ballon captif ainsi que des lueurs d'incendie.
Ici, les nouvelles sont toujours les mêmes. Les Taubes ne viennent plus nous voir, probablement qu'ils ont peur.
Plus grand chose à te dire.
Nous t'embrassons bien tous de tous coeur.
(illisible)

Ce courrier fait certainement référence aux combats de Fontenelle, puisque le journal L'Illustration nous apprend qu'un défilé de 800 prisonniers à lieu à Saint-Dié le 13 juillet 1915, jour où a été expédiée cette carte.
Cette information est confirmée par la carte ci-dessous :


Robache (St-Dié), 13 juillet 1915.
Le Général Joffre remet la Croix de guerre
au Drapeau du 133e Régimant d'Infanterie.
Extrait de l'Ordre général n°37, du 12 Juillet 1915, du Général commandant la VIIe Armée.
Est cité à l'Ordre de l'Armée, le 133e Régiment d'Infanterie sous les ordres du Lieut.-Colonel BAUDRAND.
"Ce Régiment, dont 2 Bataillons, trois semaines auparavant, avaient été cités à l'Ordre de l'Armée pour avoir enlevé une position puissamment fortifiée sur une autre partie du front, à renouvelé cet exploit à La Fontenelle.
Entraîné par son ardeur, il est parti avant la fin de la préparation d'artillerie, est arrivé sur les premières tranchées ennemies avec les derniers obus français, a enlevé une position comprenant plusieurs lignes de tranchées et de casemattes, a fait prisonnier près de 900 allemands dont 21 officiers et s'est emparé d'un butin considérable (canon, mitrailleuses, lance-bombes, fusils, etc.), s'est installé sur la position et y a défié tous les assauts."

Comme vous pouvez le constater, le nombre de prisonniers allemands diverge. Le courrier parle de 767, L'Illustration de 800, Joffre de 900, le Journal Officiel de 881... j'ai aussi lu 600 (la Guerre dans les Vosges) !

Qui a raison ???



Dans la suite de la correspondance, il est également fait référence à un ballon captif, et aux fameux Taubes (colombe), le premier avion militaire allemand de série, mis en service en 1910.

Prise de guerre, un Taube exposé dans la Cour d'Honneur des Invalides, à Paris.
Et s'il n'est plus tellement visible au-dessus des champs de bataille, c'est peut-être parce qu'il s'agit d'un appareil vieillissant, qui doit être remplacé par des avions plus modernes... à moins, que ce soit vraiment la peur du français !!!

Une vision quelque peu fantasmée d'une victoire aérienne française sur un Taube allemand.
Carte allemande montrant un Taube survolant les lignes françaises.
Laurent ANTOINE LeMog

mercredi 19 février 2014

Reims dans la Grande Guerre, par Michel Thibault

Note de lecture

Michel Thibault, vient de sortir son 14ème livre sous le titre de : 
Reims dans la Grande Guerre

Celui-ci fait suite à :
Reims, collection Mémoire en Images, Editions Alan Sutton, 2000.
Reims, berceau du succursalisme en France, Editions Alan Sutton, 2002.
Quand Reims est sorti de ses remparts “ Le Clairmarais ”, Editions Les Amis de Clairmarais, 2002.
Les biscuiteries de Reims, Editions Alan Sutton, 2003.
Reims, 150 de chemin de fer, Editions Alan Sutton, 2004.
Reims, le parc Pommery, Editions Alan Sutton, 2005.
Reims de A à Z, Editions Alan Sutton, 2005
Reims et ses quartiers, Editions Alan Sutton, 2007
La Vesle et sa vallée, Editions  du Coq à l’Ane, 2007
L’école à Reims, Editions Alan Sutton, 2009
Reims le tramway, hier et aujourd’hui, Editions Alan Sutton, 2010
Reims et ses Commerces, Editions Alan Sutton, 2011
Reims d’Hier à aujourd’hui, Editions Alan Sutton, 2013
Toujours fidèle aux Editions Alan Sutton, 28, rue des Granges Galand 37550 Saint-Avertin  (près  de Tours).

Un ouvrage de 176 pages dont 16 pages en couleur.
Après avoir rendu un hommage à ses grands pères, dont l’un ancien combattant du secteur de Verdun, revenu gazé, et l’autre ambulancier de la société de secours aux blessés civils et militaires sous l’égide de la Croix-Rouge, est resté affecté à Reims une grande partie de la guerre.
Après l’introduction, où l’auteur rappelle que 1914-1918/2014-2018, un centenaire qu’il convenait de ne pas oublier, cette terrible guerre qui a touché 26 pays et fait plus de 18 millions de morts.

Le premier chapitre concerne l’avant 1914 : Reims, ville de garnison. 20 jours avant le déclenchement des hostilités, la ville organisait le concours national et international de gymnastique et autres fêtes, personne ne pouvait imaginer la tragédie des mois à venir.
Chapitre 2 : Année 1914 : Les débuts du conflit, l’occupation allemande, la bataille de la Marne, les premiers bombardements, la Cathédrale en feu !
Chapitre 3 : La guerre de 1915 à 1918 : La fort de la Pompelle, l’armement,  les tranchées, la vie rémoise sous les obus, l’école dans les caves, les soupes populaires, les pompiers et secouristes, les visites des délégations et personnalités dans la cité martyre.
Chapitre 4 : La guerre côté allemand, un sujet rarement abordé.
Chapitre 5 : après l’Armistice, les visites, la reconstruction, les inaugurations et pour terminer un encart de 16 pages en couleur.

Michel Thibault retrace les épisodes douloureux et nous montre, grâce à une sélection d’images étonnantes, les désastres liés aux bombardements subis. Mais il raconte également comment les Rémois ont continué à vivre.

Plus de 300 cartes et photographies témoignent de la persévérance et du courage des habitants.

Un bel hommage leur est ici rendu, ainsi qu’à tous les militaires qui se sont battus pour les défendre.
Nous pensons que le lecteur prendra plaisir à regarder et à lire ce livre. 

L’ouvrage est en vente dans toutes les librairies, Points presse, Relais H,  FNAC et Grandes Surfaces, au prix de 22 euros.

L’auteur se tient à la disposition des adhérents de l’Association pour une dédicace personnalisée lors de la prochaine réunion, le dimanche 23 février 2014, de 9h à 12h, Salle Goulin, 6 rue de la Neuvillette à Reims.

lundi 17 février 2014

Reims, le 9 novembre 1914... un obus dans le buffet !

Ma chère Marthe,
j'ai été très content de recevoir de vos nouvelles et d'apprendre que vous êtes en santé et tranquille dans votre patelin d'épinards.
Pour le moment, restez-y, on bombarde toujours, avec cette différence que les Boches ont fait des progrès, car maintenant, ils bombardent plutôt la nuit que le jour, un obus est même tombé sur le 85, c'est à dire dans notre cours, jeudi à 10 h et demi du soir, vous pensez si cela a fait un raffut dans le quartier; l'obus est tombé dans un buffet où il a éclaté, le buffet a été réduit en miettes, mais c'est tout.
Heureux d'apprendre que Georges va bien, je prierai pour lui et pour vous tous.
J'ai aussi un neveu du côté d'Ypres; notre Dragon, après avoir fait les batailles de Bruges, Namur, Charleroi, Dinant, la Flandre, est en ce moment au dépôt à Tours(?), pour prendre un peu de repos; il l'a échappé belle.
Au revoir chère Marthe, tous mes meilleurs souvenirs à votre maman et à vous.
(signature illisible)

CPA - Coll. Jacki Pinon
Cette fois-ci, la carte suit la triste actualité rémoise. En effet, ce courrier a été écrit le 9 novembre 1914, soit à peine deux mois après l'incendie de la Cathédrale, orchestré par les batteries allemandes le 19 septembre 1914 !
On peut dire que çà "chauffe" à Reims, ceux qui sont sur place subissent le pilonnage journalier... sans trêve, les obus frappent les civils.
L'émetteur du courrier évoque son neveu, qui revient assurément de loin. Il a participé à de nombreuses batailles en Belgique, et en est revenu ! Hélas, nous ne saurons pas s'il aura été épargné par ces 4 années de conflit.
Il faisait certainement partie des Dragons français du 2ème corps de cavalerie, qui étaient arrivés à Ypres le 14 octobre 1914.
Si on sait que cette correspondance a été postée à Reims, difficile de savoir où se trouve la Chère Marthe... un patelin d'épinards... est-ce une expression ? un surnom ? une forte production locale ?
Il s'agit peut-être tout simplement du village de Cantenay-Epinard, situé dans le Maine-et-Loire, à côté d'Angers, et pas si éloigné de Tours, où se trouve le neveu évoqué dans le courrier.
Mais si vous avez d'autres propositions, n'hésitez pas à nous les communiquer.

Un peu de tourisme maintenant... pour découvrir en cartes postales, la commune de Cantenay-Epinard !

Cantenay-Epinard - Château de Chatillon... Ce magnifique domaine est aujourd'hui un site pour l'organisation de soirées privées, de cocktails et d'événements professionnels.




Laurent ANTOINE LeMog